La valeur du jour en Europe - BAYER s'attaque à Monsanto

le
0

(AOF) - Manger ou être mangé, telle est la nouvelle loi de l'agrochimie. Pour ne pas être parvenu à acquérir le suisse Syngenta l'an dernier, finalement tombé dans les griffes du chinois ChemChina pour 43 milliards de dollars, Monsanto est désormais la cible de Bayer. Fragilisé par des résultats peu reluisants liés notamment à la baisse de la demande aux Etats-Unis, le groupe américain a vu sa capitalisation fondre de près de 20% en un an. Une occasion en or pour le géant allemand qui dominerait grâce à Monsanto plus du tiers du marché agrochimique mondial. Les termes de l'offre n'ont pas été révélés.

La semaine dernière, Bloomberg évoquait un prix de plus de 40 milliards de dollars. Compte tenu de la capitalisation actuelle du producteur de l'herbicide Roundup (42,7 milliards hier soir à la clôture), le chimiste rhénan a cependant dû formuler une offre plus élevée.

L'importance du chèque que devra signer Bayer pour s'emparer du roi américain des semences semble inquiéter les investisseurs ce matin : le titre de l'inventeur de l’aspirine cède près de 7% à 89,84 euros.

Au-delà de l'impact à court terme d'une telle acquisition sur le bilan de l'allemand, les marchés pourraient redouter le manque de visibilité sur l'opération. Les autorités de la concurrence américaine et européenne ne manqueront pas en effet de monter au créneau pour empêcher la naissance d'une multinationale contrôlant 37% du marché mondial de l'agrochimie et presque un tiers de celui des semences. Pour obtenir le feu vert des autorités, les deux groupes devront donc consentir d'importances cessions d'actifs.

Cette annonce de discussion marque une nouvelle étape dans la concentration du secteur de l'agrochimie après la fusion à 130 milliards de dollars des deux géants de la chimie américaine, DuPont et Dow Chemical et celle de ChemChina et Syngenta.

A la Bourse de Francfort, Bayer n'est pas le seul titre en difficulté. Le numéro un mondial de la chimie BASF perd 2% à 66,31 euros, pénalisé par la spéculation concernant une éventuelle surenchère sur l'offre de son concurrent.

(P-J.L)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant