La valeur du jour en Europe - BAYER : l'heure du choix

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(AOF) - Bayer recule de 0,2% à 94,05 euros, les investisseurs ne sont guère surpris par le relèvement de l'offre amicale du groupe chimique et pharmaceutique allemand sur Monsanto. Pour s'emparer du numéro un mondial des semences, Bayer propose désormais 127,5 dollars par titre en cash, soit 2% de plus que l'offre précédente (125 dollars) formulée en juillet et 19% de plus que la valeur du titre Monsanto vendredi dernier à la clôture (107,44 dollars). Monsanto évalue cette nouvelle proposition qui le valorise à environ 56 milliards de dollars, hors dettes, et 65 milliards de dollars, dettes comprises.

Bayer a reconnu n'avoir aucune assurance que cet effort porte enfin ses fruits. Au début des hostilités, en mai dernier, l'allemand avait proposé 122 dollars par titre. Selon plusieurs analystes, Monsanto souhaiterait pousser Bayer à relever une nouvelle fois son offre pour atteindre, voire dépasser, les 130 dollars par titre.

La balle semble donc toujours dans le camps de Bayer. S'il veut l'emporter de manière amicale et rapide, le groupe allemand pourrait devoir ajouter quelques dollars par titre à son offre. Le géant de Leverkusen peut tout aussi bien opter pour la manière forte et lancer une offre hostile à l'issue forcément plus incertaine.

Enfin, Bayer peut choisir de jeter l'éponge. Une issue qui satisferait une partie de ses salariés comme de ses actionnaires, sceptiques sur l'intérêt de siphonner la trésorerie et de créer de la dette pour un deal qui ne serait pas créateur de valeur avant plusieurs années. Dans une note publiée ce matin, Natixis estime ainsi que la transaction ne créerait aucune valeur avant 2012, et encore très modestement : +0,3%.

Stratégiquement, les opposants au projet ne comprennent pas non plus le revirement stratégique de Bayer qui a réussi avec succès à se recentrer sur la pharmacie au détriment de la chimie, plus cyclique et moins rentable.

Au-delà de l'aspect financier et stratégique, des voix se font de plus en plus fortes pour critiquer un rapprochement avec un groupe aussi controversé que Monsanto en raison de sa production de semences génétiquement modifiées et d'herbicides accusés de nuire durablement à la faune et à la flore.

Le PDG du groupe allemand, Werner Baumann, reste pour l'instant sourd à ces critiques. Son objectif est clair. Dans un secteur de l'agrochimie en pleine consolidation (ChemChina rachète Syngenta; Dow et DuPont fusionnent), s'offrir Monsanto permettrait à Bayer d’acquérir une taille qui l'empêcherait d'être la cible de géants de la santé comme Pfizer ou Novartis.

(P-J.L)

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