La valeur du jour à Wall Street - BAYER /MONSANTO : le suspens touche à sa fin

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(AOF) - En repli une bonne partie de la séance après l'annonce d'un relèvement de l'offre sur Monsanto (+0,52% à 108 dollars), Bayer (+0,9% à 95,09 euros) s'est retourné à la hausse après des informations de presse évoquant l'hypothèse d'un dénouement heureux et rapide. Le numéro un mondial des semences aurait notamment accepté que l'allemand examine ses comptes dans le cadre d'un processus de "due diligence". Il se pourrait ainsi que le groupe chimique et pharmaceutique n'ait finalement pas besoin de relever une troisième fois son offre, contrairement aux craintes d'analystes et d'actionnaires.

Pour accéder aux comptes de Monsanto, Bayer a proposé à sa cible 127,5 dollars par titre en cash, soit 2% de plus que l'offre précédente (125 dollars) formulée en juillet, 4,5% (122 dollars) de plus que l'offre initiale de mai et 19% de plus que la valeur du titre Monsanto vendredi dernier à la clôture (107,44 dollars). Le montant de la transaction atteindrait environ 56 milliards de dollars, hors dettes, et 65 milliards de dollars, dettes comprises.

Mais selon une partie des brokers, Monsanto souhaiterait pousser Bayer à remettre au pot afin que son prix par action atteigne le seuil symbolique des 130 dollars. Certains évoquent même 135 dollars.

Une tel relèvement apparaît cependant improbable tant l'opposition au projet est forte au sein même du camp allemand. Si Monsanto venait à éconduire Bayer, ce dernier n'aurait plus qu'une marge de manœuvre très étroite.

Une partie des salariés et des actionnaires institutionnels affichent en effet de plus en plus ouvertement leur scepticisme quant à l'intérêt de siphonner la trésorerie du groupe et d'augmenter la dette pour un deal qui ne serait pas créateur de valeur avant plusieurs années. Dans une note publiée ce matin, Natixis estime ainsi que la transaction ne créerait aucune valeur avant 2012, et encore très modestement : +0,3%.

Stratégiquement, les opposants au projet ne comprennent pas non plus le revirement de Bayer qui a réussi avec succès à se recentrer sur la pharmacie au détriment de la chimie, plus cyclique et moins rentable.

Au-delà de l'aspect financier et stratégique, des voix se font de plus en plus fortes pour critiquer un rapprochement avec un groupe aussi controversé que Monsanto en raison de sa production de semences génétiquement modifiées et d'herbicides accusés de nuire durablement à la faune et à la flore.

Le PDG du groupe allemand, Werner Baumann, reste pour l'instant sourd à ces critiques. Son objectif est clair. Dans un secteur de l'agrochimie en pleine consolidation (ChemChina rachète Syngenta; Dow et DuPont fusionnent), s'offrir Monsanto permettrait à Bayer d'acquérir une taille qui l'empêcherait d'être la cible de géants de la santé comme Pfizer ou Novartis. Une stratégie valable qui ne pourra appliquer à n'importe quel prix.

(P-J.L)


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