La valeur du jour à Paris - SFR : l'AMF critique un manque d'informations pour justifier la parité d'échange de l'OPE

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(AOF) - SFR (-0,79% à 25,16 euros) reste sous pression au lendemain de sa chute de plus de 4% consécutive à l'annulation par l'AMF de l'OPE de sa maison-mère Altice. Hier soir, comme convenu, l'Autorité des marchés financiers a détaillé les raisons pour lesquelles elle a déclaré cette offre non conforme. Elle a estimé qu'elle ne pouvait considérer que "l'information destinée aux actionnaires minoritaires, notamment sur la justification de la parité d'échange retenue, soit complète, compréhensible et cohérente".

Cette parité d'échange, de 1,6 avec l'échange de cinq actions SFR contre huit titres Altice, valorisant une action SFR 24,71 euros, avait en effet suscité des critiques lors du lancement de l'OPE début septembre. A l'époque, l'un des actionnaires minoritaires de SFR, le fonds Charity & Investment Merger Arbitrage Fund (CIMA Fund), avait rappelé qu'elle représentait le plus bas ratio observé depuis plus d'un an de cotation, et que le prix payé par Altice lors de précédentes montées au capital de SFR avait été beaucoup plus valorisant : 33,3 euros par action en novembre 2014 et 40 euros en février 2015. "L'AMF a fait son travail de régulateur et de protection des actionnaires minoritaires", a réagi Catherine Berjal, directrice générale et des investissements du fonds.

L'AMF a repris à son compte ces éléments, ajoutant que les analystes financiers qui suivent SFR parviennent à une fourchette de parités de 1,58 à 2,62 (avec une moyenne de 2,05).

Mais l'AMF pointe surtout que la parité de 1,6 est d'autant plus difficile à justifier que l'expert indépendant chargé d'évaluer l'équité de l'OPE n'a pu évaluer l'impact négatif qu'aurait eu sur le cours de SFR le système de rémunération souhaité par sa maison-mère, faute d'informations.

Début septembre, Altice avait indiqué qu'il voulait faire payer des commissions à ses filiales, dont SFR, sans donner plus de précisions. A l'époque, Deutsche Bank avait calculé qu'un taux de commission de 1 à 4% se traduirait par une baisse de la valorisation de SFR de 3 à 10 euros par action.

De son côté, Credit Suisse notait que ce système de rémunération de la maison-mère aurait pour conséquence de creuser le fossé entre le cours de SFR et celui d'Altice, au détriment du premier, ce qui aurait pénalisé les actionnaires minoritaires refusant d'apporter leurs titres à l'OPE. En mettant en place ce dispositif, Altice souhaitait ainsi inciter les parties prenantes à accepter le bas prix proposé dans le cadre de l'offre d'échange.


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