La valeur du jour à Paris - SANOFI : le temps de la diplomatie

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(AOF) - Enfin le dégel. Après deux mois de tensions, Sanofi et Medivation ont entamé des discussions. La biotech américaine spécialisée dans l'oncologie a accepté d'ouvrir ses comptes au laboratoire français en vue d'un éventuel rachat. Pour briser la glace, Sanofi a accepté de signer des accords confidentiels qui l'obligent notamment à renoncer à sa procédure de révocation et de remplacement du conseil d'administration. En Bourse, Sanofi cède 1,38% à 73,56 euros contre un CAC 40 en baisse de 1,8%.

Une surperformance qui s'explique davantage par le statut de valeur défensive du titre et par le relèvement d'objectif de cours de Jefferies de 76 à 80 euros que par l'amélioration de ses relations avec Medivation.

En effet, si les analystes s'accordent à dire depuis le début de l'offensive de Sanofi, fin avril, que l'acquisition de Medivation serait en tout point bénéfique, la partie semble loin d'être gagnée.

En premier lieu, le prix reste problématique. Medivation a révélé que, peu avant la décision d'entrée en discussions, il avait rejeté une deuxième offre de Sanofi. Cette nouvelle proposition était de 58 dollars par action en numéraire auxquels s'ajoutaient trois dollars par titre sous la forme d'un certificat de valeur conditionnelle ("contingent value right", CVR) lié aux ventes de Talazoparib, un traitement du cancer du sein développé par Medivation qui est en phase d'essais cliniques.

Cette offre, d'un montant maximum de 10,8 milliards de dollars est supérieure de 16% par rapport à l'offre initiale de 52,5 dollars par titre (9,3 milliards de dollars) mais reste très inférieure des exigences de Medivation. Au regard des récentes transactions dans le secteur, le groupe américain se valorise à 15,4 milliards de dollars, ou 86,7 dollars.

Deuxième point critique : la compétition. Medivation a ouvert ses comptes à d'autres candidats. Selon des rumeurs récurrentes, il pourrait s'agir d'Amgen et de Pfizer. Or, ces deux géants américains disposent d'une capacité de surenchère supérieure, indique ce matin un broker parisien. Ils détiennent davantage de trésorerie que Sanofi et surtout, ils présentent des potentiels de synergies plus élevés qui leur permettraient de formuler une offre attractive tout en assurant la rentabilité de l'investissement.

En 2011, Sanofi avait usé de la même stratégie (en utilisant les CRV et en relevant très progressivement son prix) pour s'emparer de Genzyme. Mais à l'époque, le groupe n'avait pas affronté de concurrence. Pas sûr donc que l'histoire se répète aujourd'hui.

(P-J.L)


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