La valeur du jour à Paris - EDF: résultats et perspectives salués

AOF le 31/07/2012 à 10:57
(AOF) - EDF se distingue favorablement à la Bourse de Paris. Le titre signe l'une des plus fortes progressions du CAC 40, en hausse de 1,14% à 16,785 euros, après la publication de comptes semestriels meilleurs que prévu et la confirmation des objectifs du groupe sur la période 2011-2015. L'électricien public a réalisé un résultat net courant part du groupe de 2,768 milliards d'euros, en augmentation de 4,6% au cours du premier semestre et un Ebitda de 9,075 milliards d'euros, en hausse également de 4,6%. Ce dernier a augmenté de 3,3% sur une base organique.

C'est plus que prévu par les analystes qui tablaient sur un résultat net courant de 2,59 milliards.En France, l'Ebitda a atteint 6,072 milliards d'euros, soit une croissance organique de 6,3%, tiré par les activités régulées (réseaux et activités insulaires) en hausse organique de 34,1%. Les activités non régulées sont, quant à elles, en recul de 4,2% en organique. Ce recul résulte d'un impact négatif des conditions climatiques au premier trimestre et d'une baisse de la production de 3,6 TWh au premier semestre 2012.Le chiffre d'affaires du groupe est ressorti à 36,22 milliards d'euros, en hausse de 8,2%, dont 7,1% en organique et supérieur aux prévisions des analystes qui donnaient 35,1 milliards.A l'International et dans les autres Activités, l'Ebitda a enregistré un recul de 2,6% en organique. Les activités internationales ont notamment été marquées par un programme d'arrêts plus chargé dans le nucléaire au Royaume-Uni et par des conditions économiques et de régulation défavorables respectivement dans les segments Italie et Autre International. Le ratio d'endettement financier net sur Ebitda est de 2,5 au 30 juin 2012, qui est la limite maximale que s'est fixée le groupe.L'électricien a confirmé ses objectifs financiers sur 2011-2015. Il vise une croissance annuelle moyenne comprise entre 4% et 6% pour son Ebitda et de 5% à 10% pour son résultat net. EDF table également sur un ratio d'endettement financier net sur Ebitda inférieur à 2,5 et un taux de distribution situé entre 55 et 65%Enfin, le groupe dirigé par Henri Proglio a souligné que les objectifs 2012 étaient conformes à ses perspectives, avant de préciser que le dividende au titre de 2012 sera "au moins stable par rapport à celui versé au titre de 2011".


AOF - EN SAVOIR PLUS


- L'acquisition du solde du capital d'EDF EN, sa filiale spécialisée dans les énergies renouvelables, renforce la stratégie du « mix génération » désormais mise en avant, au lieu du « mix géographique » comme précédemment ;- Le groupe a nettement réduit son endettement, ce qui lui confère des marges de manoeuvre pour des opérations de croissance externe ;- La politique de distribution des dividendes est très généreuse.
Les points faibles de la valeur
- La visibilité est faible en raison de la dimension « politique » de la valeur. L'intervention de l'Etat (85% du capital), notamment sur la hausse des tarifs de l'électricité, tout comme le débat sur la sûreté nucléaire (depuis l'accident de Fukushima en mars 2011) pénalisent régulièrement le titre ;- Une autre incertitude majeure concerne la future formule de l'ARENH (accès régulé à l'électricité nucléaire historique). EDF demande un prix plancher de revente du quart de sa production nucléaire à ses concurrents, comme l'exige la loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l'Electricité), de 42 euros/MWh. Ses concurrents évoquent un prix autour de 35 euros/MWh. Aucune nouvelle n'est attendue avant l'élection présidentielle. Certains craignent que la nouvelle majorité n'opte pour une formule ARENH défavorable à EDF ;- La visibilité reste faible sur les conséquences des « stress tests » réalisés sur le parc nucléaire du groupe et plus généralement le niveau des investissements nécessaires (hausse des dépenses de maintenance, durée de vie des centrales, fermeture de certains sites...) ;- La valeur est loin de son cours d'introduction de 32 euros en 2005.
Comment suivre la valeur
- EDF appartient au secteur des « utilities » (producteurs d'eau, de gaz et d'électricité), qui regroupe des valeurs considérées comme défensives ;- Les prix de l'électricité sont administrés en France et fixés par l'Etat. La hausse des tarifs est un des catalyseurs du titre. Elle permet notamment de financer les lourds investissements en cours en France ;- La loi NOME vise à établir une libre concurrence entre tous les acteurs du marché et exige la revente du quart de la production d'électricité nucléaire d'EDF à ses concurrents. Le prix de revente doit être fixé par décret ministériel ;- L'évolution réglementaire en Europe est également à surveiller ;- L'un des grands chantiers pour EDF réside dans l'amélioration du taux de disponibilité des centrales nucléaires ;- Areva et EDF sont historiquement imbriqués. Areva est le premier fournisseur d'EDF et EDF son premier client. Mais leur relation n'est plus exclusive et les deux groupes sont en désaccord sur deux contrats. L'une des brouilles, dans le traitement du combustible usé, a été résolue. L'autre, l'enrichissement d'uranium, est encore en discussion.

LE SECTEUR DE LA VALEUR


Services aux collectivités
Trois consortiums, menés par EDF, GDF Suez et l'Espagnol Iberdrola, se lancent dans l'aventure française de l'éolien en mer. Ils ont déposé leurs propositions auprès de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Cinq champs sont concernés : Saint-Nazaire, Fécamp, Le Tréport, Courseulles-sur-Mer et Saint-Brieuc. Associé au Danois Dong et à Alstom, EDF est candidat à quatre de ces champs. Autour de GDF Suez, Vinci et l'Allemand E.ON se sont portés candidats avec Areva sur les trois parcs normands (Fécamp, Le Tréport et Courseulles-sur-Mer), et avec Siemens sur celui de Saint-Brieuc. Quant à Iberdrola, associé à Eole-RES, Neoen Marine, Technip et Areva, il s'est porté candidat sur les zones de Saint-Nazaire et Saint-Brieuc. Le gouvernement français doit révéler les résultats de son premier appel d'offres début avril. Les exploitants devront acquitter une taxe (fonction de leur chiffre d'affaires), dont la moitié sera versée au profit de la préservation du littoral, 35% sera consacré au développement d'une pêche durable et 15% aux autres activités maritimes.
Valeur(s) associée(s)
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.

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