La valeur du jour à Paris - 2015 : Ubisoft dans le jeu de la spéculation

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(AOF) - Affichant un gain de près de 77% depuis le 1er janvier, Ubisoft fait partie des « success story » boursières de 2015. L’éditeur de jeu vidéo doit principalement cette belle performance à l’irruption de Vincent Bolloré dans son capital à la mi-octobre, alimentant la spéculation sur le lancement d’une OPA. Le célèbre homme d’affaires breton avait alors créé la surprise en annonçant détenir 6,6% d’Ubisoft via Vivendi, dont il est le premier actionnaire.

Présenté initialement comme un placement de liquidité, Vincent Bolloré a dévoilé ses batteries en même temps qu'il poursuivait sa montée au capital. En quelques jours, ce " placement " est devenu un investissement qui participe " d'une vision stratégique de convergence opérationnelle entre les contenus et les plates-formes de Vivendi et les productions " d'Ubisoft et de Gameloft, au capital duquel il est également rentré.

Accentuant la pression sur la famille Guillemot, fondatrice des deux sociétés, Vincent Bolloré avait précisé fin octobre qu'il ne pouvait " pas écarter la possibilité d'envisager " une prise de contrôle dans les six mois.

Dans une interview aux Echos, le PDG d'Ubisoft, Yves Guillemot, a, lui, affiché sa volonté de résister à " l'agression " de Vincent Bolloré. Le fondateur de l'éditeur de groupe avait indiqué qu'il allait " étudier toutes les options possibles, y compris auprès de nouveaux partenaires ". " Cela pourrait par exemple être des acteurs qui créent des plate-formes et qui ont besoin de contenus ", a-t-il ajouté. Yves Guillemot va par ailleurs étudier la possibilité pour la famille fondatrice de se renforcer au capital. En cette fin d'année, ces déclarations ne sont pas encore traduites par des actes.

Au dernier pointage, Vivendi détient 11,51% du capital d'Ubisoft et 26,69% de celui de Gameloft.

L'heure de vérité interviendra en 2016. Selon un analyste, trois options s'offrent à Vivendi, dont une sortie du capital des deux sociétés. Le groupe de médias et de télécoms pourrait également lancer une OPA, mais ce scénario n'est traditionnellement pas favorisé par les spécialistes. En effet, les opérations hostiles sont destructrices de valeur dans le secteur des jeux vidéo. Le succès d'un éditeur est basé sur ses créateurs et ses développeurs et il existe toujours le risque d'en perdre en cas d'opération hostile, explique Bryan Garnier.

Troisième possibilité, Vincent Bolloré entamerait des négociations avec la famille Guillemot afin d'aboutir à une coopération dans les contenus. Un tel dénouement aurait comme avantages de permettre à la famille Guillemot de conserver le contrôle de sa création et à Vincent Bolloré de limiter le montant de ces investissements. Il risquerait en revanche d'être moins favorable aux actionnaires de d'Ubisoft et de Gameloft, la dimension spéculative des deux dossiers s'amenuisant.

(C.J)


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