La Turquie soupèse un engagement militaire contre l'EI

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(Précisions, contexte) ISTANBUL, 1er octobre (Reuters) - La Turquie n'exclut pas d'envoyer des troupes en Syrie et en Irak contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et pourrait laisser utiliser ses bases par les pays de la coalition conduite par les Etats-Unis. Le gouvernement turc a transmis mardi soir au Parlement un texte qui autoriserait Ankara à ordonner une action militaire pour "déjouer les attaques dirigées contre notre pays par tous les groupes terroristes en Irak et en Syrie". Il demande au parlement d'élargir les mandats actuellement en vigueur permettant à la Turquie de frapper les activistes kurdes dans le nord de l'Irak et de se défendre contre toute menace émanant des forces du président syrien Bachar al Assad. "Le conseil des ministres a décidé (...) de demander la permission du parlement (...) d'envoyer, si nécessaire, les forces armées turques aux pays étrangers pour des opérations et interventions transfrontalières, et de positionner les militaires étrangers en Turquie pour les mêmes objectifs", a précisé un communiqué. Les parlementaires devraient se prononcer par un vote jeudi. La proposition devrait être approuvée compte tenu de la forte majorité dont dispose le Parti de la justice et du développement (AKP), le parti islamo-conservateur au pouvoir. Des combats entre islamistes et combattants kurdes se déroulent depuis une dizaine de jours autour de la ville syrienne de Kobani, tout près de la frontière turque. Les combattants de l'EI se rapprochent également de la tombe de Souleiman Shah, une enclave turque située à une trentaine de kilomètres au sud de Kobani où repose, sous la garde de soldats turcs, le corps du grand-père du fondateur de l'Empire ottoman, Osman Ier. La Turquie, qui accueille sur son sol, à Incirlik, dans le sud du pays, une base aérienne américaine, n'a pas été engagée militairement jusqu'ici contre l'EI. Elle a 1.200 km de frontières avec l'Irak et la Syrie et a accueilli depuis 2011 un million et demi de réfugiés syriens. (Orhan Coskun; Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

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  • 35924358 le mercredi 1 oct 2014 à 19:22

    Jusqu'à présent, la Turquie a formé et armé les djihadistes de l'EI, ceux qui se trouvent en Syrie, Irak et Gaza. D'où les difficultés d'Ankara de s'opposer aujourd'hui à l'EI.