La Turquie s'enfonce dans le règlement de comptes

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La police réprime une manifestation contre l'AKP, le parti de Recep Tayyip Erdogan, le 26 février à Ankara.
La police réprime une manifestation contre l'AKP, le parti de Recep Tayyip Erdogan, le 26 février à Ankara.

"Un montage immoral", pour Recep Tayyip Erdogan. Un document authentique, "aussi vrai que le mont Ararat", pour le chef de l'opposition Kemal Kiliçdaroglu. Vrai ou faux, chacun a un avis tranché sur la question. Mais l'enregistrement sonore révélé lundi soir qui reproduirait des conversations téléphoniques entre le Premier ministre turc et son fils a aussitôt replongé la Turquie dans les affaires de corruption et de règlements de comptes au sommet de l'État, dans lesquelles elle se débat depuis le déclenchement d'une vaste opération judiciaire dans l'entourage d'Erdogan en décembre.

Cette fois, le chef du gouvernement est directement mis en cause, ainsi que son fils cadet Bilal, dont le nom figurait dans le dossier des procureurs dès le 25 décembre. "Tu es à la maison ?" lui demande la voix paternelle, affaiblie. "Oui, papa." "Il faut que tu fasses tout disparaître." "Mais il n'y a ici que ton argent dans le coffre." "C'est de ça que je parle." Ces échanges présumés entre Erdogan père et fils, le jour même des arrestations, seraient enfin la preuve, pour ses adversaires, de leur culpabilité. Les deux hommes font mention de dizaines de millions d'euros à éliminer. Bilal Erdogan est soupçonné d'avoir organisé un système de collecte de pots-de-vin par l'intermédiaire d'une fondation-écran. "Le gouvernement doit démissionner, il n'a plus aucune légitimité", clame le député de l'opposition kémaliste Haluk Koç.

Grand déballage

Ces...

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