La Turquie restera en Irak jusqu'à la prise de Mossoul

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    ANKARA, 12 octobre (Reuters) - Des troupes turques resteront 
stationnées dans le camp militaire de Bachika, dans le nord de 
l'Irak, jusqu'à ce que l'organisation Etat islamique (EI) soit 
chassée de la ville de Mossoul, a dit mercredi le vice-Premier 
ministre turc. 
    Ces soldats participent depuis la fin de l'année dernière à 
la formation et l'entraînement de sunnites et de Peshmergas 
kurdes, des forces engagées contre les djihadistes de l'EI et 
appelées, selon Ankara, à prendre part à la bataille de Mossoul. 
    Leur présence irrite le gouvernement irakien à majorité 
chiite, qui parle de force d'occupation et a demandé une réunion 
extraordinaire du Conseil de sécurité de l'Onu à ce sujet. 
    Bagdad insiste en outre pour que ce soit ses hommes qui 
conduisent l'offensive annoncée sur Mossoul, la deuxième ville 
d'Irak tenue par l'EI depuis juin 2014. 
    "La Turquie n'est aux ordres de personne (...) La présence 
turque dans le camp de Bachika sera maintenue jusqu'à ce que 
Mossoul soit débarrassée de Daech", a déclaré le vice-Premier 
ministre, Numan Kurtulmus, à l'agence de presse officielle 
Anatolie. "La présence turque dans la région ne peut pas être 
remise en question", a-t-il ajouté. 
    L'armée turque, a toutefois rappelé le vice-Premier 
ministre, est prête à participer à l'offensive contre Mossoul si 
elle n'implique pas les milices kurdes des Unités de protection 
du peuple (YPG), qu'Ankara assimile aux séparatistes du Parti 
des travailleurs du Kurdistan (PKK). 
    La Turquie est en outre soucieuse de maintenir ce qu'elle 
appelle les équilibres démographiques dans la région. Elle 
s'inquiète que la démographie de Mossoul, ville peuplée en 
majorité de sunnites, ne soit modifiée par l'implication de 
milices chiites et que cela n'attise les conflits 
intercommunautaires. 
    Le président Recep Tayyip Eerdogan y a fait allusion 
mercredi en déclarant lors d'une cérémonie officielle que la 
Turquie ferait tout pour éviter que la prise de Mossoul, ville 
située à deux heures de la frontière turque, ne déclenche "un 
bain de sang". 
 
 (Ercan Gurses, avec Tuvan Gumrukcu et Tulay Karadeniz, Gilles 
Trequesser pour le service français) 
 
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