La Turquie renvoie des Syriens en zone de guerre, selon Amnesty

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    ANKARA, 1er avril (Reuters) - La Turquie a illégalement 
expulsé des milliers de réfugiés syriens vers la Syrie ces 
derniers mois, affirme vendredi Amnesty International. 
    Ces expulsions illustrent la dangerosité de l'accord conclu 
entre l'Union européenne et Ankara qui prévoit le retour en 
Turquie de migrants et de réfugiés parvenus en Europe, estime 
l'ONG. 
    Amnesty conteste la légalité de cet accord, estimant que la 
Turquie ne peut pas être qualifiée de pays sûr et que l'Union ne 
peut à ce titre y renvoyer des réfugiés. 
    Le ministère turc des Affaires étrangères assure de son côté 
qu'aucun Syrien n'a été expulsé contre sa volonté vers son pays 
d'origine. La Turquie observe une politique de "porte ouverte" à 
l'égard des migrants syriens depuis cinq ans et respecte 
strictement le principe du "non-refoulement" qui interdit 
l'expulsion d'un individu vers un pays où il risque d'être 
persécuté, dit le ministère. 
    "Aucun des Syriens qui ont demandé la protection de notre 
pays n'a été renvoyé dans son pays par la force, conformément au 
droit international et national", a dit à Reuters un responsable 
du ministère. 
    Amnesty dit de son côté avoir recueilli dans le sud de la 
Turquie des témoignages selon lesquels les autorités ont formé 
des groupes d'une centaine de Syriens, hommes, femmes et 
enfants, pour les expulser vers la Syrie, presque chaque jour 
depuis le début du mois de janvier. 
    La plupart des expulsés ne disposaient pas de papiers, mais 
Amnesty dit avoir été informé d'expulsions de Syriens 
enregistrés qui n'avaient pas leurs documents sur eux lors de 
leur interpellation. 
 
 (Dasha Afanasieva et Tulay Karadeniz,; Nicolas Delame pour le 
service français) 
 
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