La Turquie réfute les critiques de l'Union européenne

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par Tulay Karadeniz ANKARA, 9 décembre (Reuters) - La Turquie ne s'est pas éloignée de la diplomatie européenne mais est tenue à l'écart des processus de décision, a déclaré mardi le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, en réponse aux critiques émises la veille par la Haute représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune. En visite en Turquie, Federica Mogherini a jugé lundi que l'Union européenne et la Turquie s'étaient éloignées sur le plan diplomatique et a estimé qu'elles devaient mieux "aligner" leurs positions pour faire face à la menace de l'Etat islamique. "La Turquie apporte des contributions très importantes aux politiques de sécurité et de défense de l'UE mais jusqu'à présent, elle n'a pas été intégrée aux mécanismes de prise de décision relatifs à la sécurité et à la défense", lui a répondu mardi le chef de la diplomatie turque. "Il s'agit en fait d'une contradiction de l'UE", a poursuivi Mevlut Cavusoglu lors d'une conférence de presse. Il a précisé qu'aucune critique sur une éventuelle "divergence" diplomatique n'avait été formulée par Mogherini lors de leurs entretiens et que les Européens n'avaient avancé aucune proposition concrète sur ce sujet. "S'il y a un pays qui devrait faire des reproches, c'est bien la Turquie qui tout à la fois apporte d'importantes contributions mais est tenue à l'écart des mécanismes de prise de décision", a-t-il insisté en évoquant notamment la participation de la Turquie aux forces européennes au Mali et en Centrafrique. Devant la presse, Federica Mogherini avait déploré la veille que la Turquie ait souscrit à moins d'un tiers des positions prises récemment par l'UE en matière de politique étrangère contre environ 80% par le passé. L'alignement sur la politique étrangère et la politique de sécurité, ajoutait-elle, "n'a jamais été aussi faible". Le gouvernement turc négocie depuis 2005 une possible entrée dans l'organisation continentale mais celle-ci se heurte à des obstacles politiques comme la division de Chypre et la résistance de certains pays membres. (Tulay Karadeniz; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

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  • birmon le mardi 9 déc 2014 à 15:48

    La Turquie n'est pas un allié fiable. N'introduisons pas le loup dans la bergerie européenne.