La Turquie propose à la Russie une coopération contre l'EI

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 (Actualisé avec précision de la position turque §1, 5-6) 
    ANKARA, 4 juillet (Reuters) - La Turquie a proposé lundi à 
la Russie une coopération dans la lutte contre le groupe Etat 
islamique (EI) en Syrie, mais a démenti que cela pourrait 
impliquer l'ouverture de la base aérienne turque d'Incirlik à 
des éléments de l'armée russe. 
    Moscou a accepté d'améliorer ses relations avec Ankara après 
la lettre adressée par le président turc Recep Tayyip Erdogan 
exprimant ses regrets concernant l'avion russe abattu l'an passé 
par la défense antiaérienne turque près de la frontière 
syrienne. 
    "Nous coopérerons avec tous ceux qui combattent Daech. C'est 
ce que nous faisons depuis un certain temps et nous avons ouvert 
la base aérienne d'Incirlik à ceux qui veulent activement 
participer à la lutte contre Daech", a déclaré le ministre turc 
des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu dans un entretien à la 
chaîne TRT dimanche. 
    "Pourquoi ne pas coopérer avec la Russie suivant les mêmes 
termes ?" s'est-il interrogé. "Daech est notre ennemi commun et 
nous devons combattre cet ennemi", a-t-il poursuivi. 
    A nouveau interrogé lundi, le ministre des Affaires 
étrangères a rejeté l'interprétation qui a été faite de ses 
propos. 
    "Nous avons dit que nous pourrions coopérer avec la Russie 
pour combattre Daech à l'avenir. Je n'ai jamais fait de 
commentaires concernant la venue d'avions russes sur la base 
aérienne d'Incirlik", a-t-il dit. 
    Si l'Etat islamique est présenté par le gouvernement turc 
comme un ennemi commun, la Turquie et la Russie soutiennent des 
camps opposés dans la guerre civile syrienne. 
    Les autorités turques se posent en adversaire du régime de 
Bachar al Assad soutenu fermement par la Russie et l'Iran. 
    Les pays de l'Otan, dont la Turquie fait partie, pourraient 
voir d'un mauvais oeil une éventuelle présence russe sur la base 
d'Incirlik située à moins de dix kilomètres au nord de la ville 
d'Adana près de la frontière syrienne. 
    Incirlik abrite des avions américains, allemands, 
britanniques, saoudiens et qataris qui participent à la 
coalition internationale constituée pour combattre l'Etat 
islamique. 
    La présidence russe a qualifié la proposition turque de 
"déclaration importante qui doit être examinée d'un point de vue 
militaire et politique", tout en précisant qu'aucun contact 
n'avait été pour l'instant établi avec la Turquie sur cette 
éventualité. 
    Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a ajouté que 
l'attentat commis à l'aéroport d'Istanbul la semaine passée 
confirmait que l'échange d'informations entre les deux pays 
était "crucial" pour combattre le terrorisme. 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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