La Turquie promet plus de démocratie malgré l'état d'urgence

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 (actualisé avec vote du Parlement) 
    par Humeyra Pamuk et Seda Sezer 
    ISTANBUL, 21 juillet (Reuters) - Les autorités turques se 
sont efforcées jeudi de convaincre les habitants du pays et le 
monde extérieur que la démocratie sortira renforcée de la 
tentative ratée de coup d'Etat du 15 juillet, après laquelle le 
président Recep Tayyip Erdogan a instauré l'état d'urgence pour 
la première fois depuis les années 1980. 
    Les jours écoulés depuis le putsch raté d'une faction de 
l'armée ont été marqués par l'arrestation, la révocation ou la 
suspension de dizaines de milliers de militaires, policiers, 
magistrats, enseignants et fonctionnaires.  
    Un député du principal parti d'opposition, le CHP (Parti 
républicain du peuple), a estimé que l'état d'urgence revenait à 
instaurer "une manière de gouverner qui ouvre la voie à des 
abus". 
    Recep Tayyip Erdogan a précisé mercredi soir que l'état 
d'urgence durerait trois mois au moins, expliquant que ce régime 
permettrait à son gouvernement de lutter rapidement contre les 
partisans du coup d'Etat.  
    L'instauration ces mesures exceptionnelles a pour objectif 
d'éviter que se produise une nouvelle tentative de coup d'Etat, 
a expliqué le ministre de la Justice Bekir Bozdag, assurant que 
les citoyens turcs ne ressentiraient aucun changement dans leur 
vie de tous les jours. 
    Le vice-Premier ministre Mehmet Simsek a quant à lui assuré 
que la Turquie ne renouerait pas avec la répression qu'elle a 
subie sous la loi martiale au cours des dernières décennies. 
    "L'état d'urgence en Turquie n'inclura aucune restriction de 
mouvement, de réunion, de liberté de la presse etc. Il ne s'agit 
pas de la loi martiale des années 1990", a-t-il écrit sur 
Twitter. "J'ai confiance, la Turquie en sortira avec une 
démocratie renforcée, une économie de marché qui fonctionne 
mieux et un climat plus favorable à l'investissement." 
    Mais les marchés financiers, qui apprécient généralement 
l'ancien banquier qu'est Simsek, ne semblaient pas convaincus 
dans l'immédiat: la livre turque  TRYTOM=D3  a touché un nouveau 
plus bas historique face au dollar et la Bourse d'Istanbul 
perdait près de 3,5% à la mi-journée  .XU100 . 
    Erdogan attribue la responsabilité de la tentative de putsch 
militaire - qui a fait 246 morts et des centaines de blessés - 
au réseau des partisans du prédicateur Fethullah Gülen, exilé 
aux Etats-Unis et il a demandé à Washington de l'extrader. 
    L'état d'urgence est entré en vigueur officiellement dès 
jeudi matin avec sa publication au Journal officiel. Son 
instauration a été formellement approuvée au Parlement par 346 
voix contre 145. 
    Le parti d'opposition nationaliste MHP avait exprimé son 
soutien à la décision du président, son chef de file, Devlet 
Bahceli, l'assurant de son soutien "inconditionnel dans cette 
période sombre et difficile, quoi qu'il en coûte". 
    Le vice-premier ministre Numan Kurtulmus a par ailleurs 
annoncé que la Turquie allait temporairement déroger à la 
Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) suivant ainsi 
l'exemple de la France.   
 
 (Marc Angrand et Nicolas Delame pour le service français) 
 
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