La Turquie prévient que son intervention en Syrie va durer

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    par Nick Tattersall et Humeyra Pamuk 
    ISTANBUL/KARKALIS, 26 août (Reuters) - La Turquie a affiché 
sa détermination à poursuivre aussi longtemps que nécessaire son 
intervention militaire en Syrie contre les djihadistes de l'Etat 
islamique et les insurgés kurdes après un attentat revendiqué 
par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui a fait 11 
morts, vendredi. 
    Cette opération suicide, qui a visé le quartier général de 
la police à Cizre, ville d'une province frontalière de la Syrie 
et de l'Irak, s'est produite deux jours après l'intervention de 
troupes d'élite turque, soutenues par des blindés et l'aviation 
alliée, en territoire syrien 
    Le président Recep Tayyip Erdogan a réagi en affirmant que 
l'attentat commis dans la province de Sirnak ne ferait que 
renforcer la détermination de son pays à combattre les groupes 
terroristes en Turquie et à l'étranger. 
    Il s'est d'ailleurs entretenu au téléphone de cette question 
avec son homologue russe Vladimir Poutine dans le cadre du 
rapprochement entre la Russie et la Turquie, brouillée depuis 
qu'un appareil russe a été abattu par l'armée turque en 
novembre. 
    L'intervention turque en Syrie vise autant à lutter contre 
l'EI qu'à contenir dans le nord du pays la progression des 
Unités de protection du peuple (YPG), la milice kurde qui 
appartient à une alliance de rebelles soutenue par les 
Etats-Unis. 
    "Depuis le début, nous avons défendu l'intégrité 
territoriale de la Turquie. Nous défendons aussi l'intégrité 
territoriale de la Syrie", a commenté le Premier ministre turc 
Binali Yildirim. 
    "Le but de cette organisation terroriste (le PKK) est de 
former un Etat dans ces pays (la Syrie et l'Irak). Ils ne 
réussiront jamais", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse 
à Istanbul. 
    "Nous continuerons jusqu'à l'éradication de Daech et 
d'autres éléments terroristes", a-t-il ajouté. 
    L'opération "Bouclier de l'Euphrate", lancée aux premières 
heures de la journée de mercredi a été condamnée par le 
gouvernement syrien comme une violation de sa souveraineté. 
     
    PROGRESSION VERS L'OUEST 
    Cette intervention a également été condamnée vendredi par 
une alliance de 23 partis kurdes qui demandent, dans un 
communiqué, un retrait complet des troupes turques présentes en 
territoire syrien. 
    Selon eux, les autorités d'Ankara tentent d'occuper la Syrie 
en prenant pour prétexte la lutte contre le terrorisme. 
    Des journalistes de Reuters ont assisté à des va et vient de 
blindés entre la Turquie et la Syrie tandis que des unités de 
déminage étaient à l'oeuvre dans les environs du passage 
frontalier de Karkamis. Des engins de terrassement ont été 
dépêchés sur place afin de construire des voies utilisables par 
les blindés. 
    Le pouvoir turc a conçu cette intervention militaire sur la 
durée comme l'a confirmé Erdogan au vice-président américain Joe 
Biden en visite à Ankara mercredi. L'idée d'un retrait n'est pas 
envisageable tant que l'EI n'a pas été mis hors de combat, 
a-t-il indiqué en substance. 
    Après la prise de contrôle de la ville de Djarablous par des 
rebelles soutenus par Ankara, les troupes turques ont poursuivi  
en direction de l'ouest.   
    Le but est d'empêcher les Kurdes d'opérer la jonction entre 
les zones qu'ils contrôlent à l'est de l'Euphrate et le canton 
d'Afrin dans le nord-ouest de la Syrie. 
    A plusieurs reprises, la Turquie a réclamé l'instauration 
d'une "zone tampon" dans le nord de la Syrie mais sa priorité 
immédiate est de progresser d'environ 70 km en direction de 
Marea, ville rebelle qui fut longtemps située sur la ligne de 
front avec les djihadistes. 
    Chasser l'EI de ces territoires priverait l'organisation 
djihadiste des voies de ravitaillement par lesquelles transitent 
armes, matériel et combattants. 
    "La situation se dégrade en Syrie et en Irak", a estimé 
Binali Yildirim. "Nous éradiquons l'Etat islamique et d'autres 
éléments terroristes afin que les gens ne soient pas contraints 
de fuir leurs habitations", a-t-il ajouté. 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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