La Turquie pose ses conditions pour une offensive contre Rakka

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    par Phil Stewart 
    LONDRES, 8 septembre (Reuters) - La Turquie est disposée à 
soutenir une offensive contre Rakka, capitale de fait de 
l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie, mais à condition 
que les miliciens kurdes YPG n'en soient pas les acteurs 
principaux, a déclaré jeudi le ministre turc de la Défense, 
Fikri Isik, à Reuters. 
    A l'issue d'un entretien avec son homologue américain Ashton 
Carter à Londres, Fikri Isik a insisté pour que les rebelles 
syriens soutenus par Ankara constituent le noyau dur des forces 
qui mèneront l'offensive contre Rakka, contrairement à ce qui 
s'est passé cet été à Manbij. 
    "La Turquie insiste pour qu'au lieu des seules forces YPG, 
les opérations soient menées, en tant que principaux acteurs, 
par les gens de la région, et non par les YPG", a déclaré le 
ministre turc. 
    "La Turquie ne permettra pas aux YPG d'étendre leur 
territoire et de consolider leur pouvoir en utilisant les 
opérations contre Daech comme prétexte", a-t-il ajouté. 
    Les Unités de protection populaire (YPG), considérées par 
Ankara comme une émanation du Parti des travailleurs du 
Kurdistan (PKK), et à ce titre comme un groupe terroriste, 
constituent le noyau dur des Forces démocratiques syriennes 
(FDS) qui ont repris cet été Manbij avec le soutien des 
Etats-Unis. 
    Manbij et Rakka sont situées dans une région majoritairement 
arabe et les ambitions territoriales kurdes dans ce secteur ont 
précipité l'intervention militaire turque dans le nord de la 
Syrie le 24 août. 
     
    LES KURDES DÉFIENT ANKARA 
    Les rebelles syriens soutenus par la Turquie ont depuis 
chassé l'EI de Djarablous et d'autres villages proches de la 
frontière, mais ils ont aussi affronté les miliciens kurdes, 
Ankara sommant ces derniers de se retirer à l'est de l'Euphrate, 
qui coule près de Djarablous et Manbij. 
    Le dossier n'est toujours pas clos: Fikri Isik a répété 
jeudi que tous les combattants kurdes n'avaient pas franchi 
l'Euphrate, Ashton Carter soutenant le contraire. 
    Hadiya Youssef, une responsable kurde, a de son côté déclaré 
que Manbij avait vocation à faire partie du système fédéral 
souhaité par les Kurdes, et que ces derniers n'avaient pas 
renoncé à leur ambition d'établir une continuité territoriale 
entre leurs bastions du nord-est de la Syrie et la poche 
d'Afrin, au nord-ouest, malgré la présence entre les deux de 
l'armée turque.   
    Quelques heures avant l'interview accordée par Hadiya 
Youssef à Reuters, l'artillerie turque avait pilonné pour la 
première fois des positions des forces kurdes à Afrin, ont 
rapporté ces dernières et l'Observatoire syrien des droits de 
l'homme (OSDH).   
    Washington, qui avait présenté cet été la prise de Manbij 
comme un prélude à l'offensive en direction de Rakka, a tenté 
jeudi de remettre la lutte contre l'EI au centre des priorités. 
    "Le secrétaire (à la Défense) et le ministre (turc) ont 
discuté des récents succès de la Turquie contre l'EI dans le 
nord de la Syrie, et Carter a assuré Isik que les Etats-Unis 
soutenaient les efforts de la Turquie pour chasser l'EI de ses 
frontières", a fait savoir le Pentagone. 
    "Les deux dirigeants ont aussi discuté de l'importance de 
reprendre Rakka, et de la nécessité de voir les forces locales 
jouer un rôle central (dans cette offensive", a-t-il ajouté dans 
un communiqué. 
     
 
 (Tangi Salaün pour le service français) 
 )
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  • M9425023 il y a 3 mois

    Le mieux serait sans doute de refuser ces "conditions". La coalition est suffisamment puissance pour vaincre EI sans les Turcs et surtout sans les coups de poignard Turcs dans le dos.

  • M9425023 il y a 3 mois

    Il est vital pour EI et la Turquie de conserver une frontière commune. Sinon, c'est la fin des approvisionnements en armes, combattants et rizpainsel du fils d'Erdogan. Sans compter la possibilité ultime de reflux en cas de débâcle en Syrie. Le cordon ombilical ne doit en aucun cas être coupé par les K urdes.