La Turquie hausse le ton face aux Kurdes de Syrie

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    ISTANBUL, 17 février (Reuters) - La Turquie continuera de 
bombarder les miliciens kurdes des Unités de protection du 
peuple (YPG) dans le nord de la Syrie en réponse aux tirs 
transfrontaliers qui visent son territoire, a affirmé mercredi 
Recep Tayyip Erdogan. 
    Pour le président turc, les Etats-Unis doivent quant à eux 
dire clairement qui ils soutiennent, soit la Turquie, membre de 
l'Otan, soit les insurgés kurdes. 
    La progression près de la frontière syro-turque des YPG, qui 
tirent profit des frappes aériennes russes et de l'offensive de 
l'armée syrienne dans la région d'Alep, suscite inquiétude et 
colère à Ankara, qui considère les peshmergas, les combattants 
kurdes, comme des terroristes. 
    Depuis le week-end dernier, l'artillerie turque bombarde les 
positions des YPG dans le nord de la Syrie, afin notamment de 
les empêcher de prendre la ville d'Azaz, près de la frontière. 
    "Aujourd'hui, nos règles d'engagement consistent à répondre 
si nécessaire à une attaque armée contre notre pays mais demain, 
s'il le faut, ces règles pourraient être étendues pour répondre 
à toute menace", a déclaré Erdogan dans un discours transmis en 
direct à la télévision. 
    "Personne ne doit en douter. Nous ne permettrons pas 
l'établissement d'un nouveau 'Qandil' à notre frontière 
méridionale", a-t-il ajouté, faisant référence aux monts Qandil, 
dans le nord de l'Irak, où se trouvent des camps des 
séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). 
    La Turquie, a poursuivi le président, considère comme un 
"acte d'hostilité" le fait de faire semblant d'ignorer les liens 
entre le PYD (Parti de l'Union démocratique), qui rassemble des 
Kurdes syriens et dont les YPG sont la branche armée, et le PKK 
en lutte contre les forces de sécurité dans le sud-est de la 
Turquie. 
    Washington considère les YPG comme les combattants les plus 
efficaces contre les djihadistes du groupe Etat islamique dans 
le nord de la Syrie, ce qui place les Américains dans une 
situation délicate vis-à-vis de leur allié turc. 
    Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois condamné 
l'intervention militaire russe au côté du président Bachar al 
Assad en Syrie, ajoutant que la patience de la Turquie avait des 
limites. 
    S'exprimant devant le Bundestag à Berlin, la chancelière 
allemande Angela Merkel a déclaré pour sa part que la situation 
en Syrie était "inacceptable" et a de nouveau réclamé 
l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne dans le nord de 
la Syrie pour protéger les civils, ce qu'Ankara réclame de 
longue date. 
 
 (Asli Kandemir et Nick Tattersall, avec Noah Barkin et Tina 
Bellon à Berlin; Guy Kerivel pour le service français, édité par 
Tangi Salaün) 
 
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