La Turquie et la Grèce font front commun contre les passeurs

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 (Actualisé avec précisions de la délégation grecque sur retour 
des migrants et contexte § 1-5-9-10-11) 
    par Dasha Afanasieva et Melih Aslan 
    IZMIR, Turquie, 8 mars (Reuters) - Au lendemain du sommet de 
Bruxelles entre l'UE et la Turquie, les gouvernements turc et 
grec sont convenus mardi de la nécessité de combattre les 
réseaux de passeurs en mer Egée et de mettre fin aux migrations 
clandestines et se sont accordés sur un mécanisme renforçant les 
réadmissions en Turquie. 
    "La Turquie et la Grèce apportent une réponse commune à ceux 
qui en Europe estiment que la Grèce et la Turquie devraient 
gérer seules cette crise", a dit le Premier ministre turc Ahmet 
Davutoglu lors d'une conférence de presse commune avec son 
homologue grec, Alexis Tsipras, à Izmir, sur la côte turque. 
    Les deux pays, a-t-il dit, se sont mis d'accord sur un cadre 
légal pour combattre les migrations illégales. 
    "L'objectif est de décourager les migrations illégales et de 
repérer les Syriens dans nos camps que l'UE acceptera via un 
canal (d'admission) légal", a ajouté Davutoglu. 
    Un responsable grec a précisé que si Athènes et Ankara 
étaient déjà liés par un accord bilatéral de réadmission, 
l'arrangement signé mardi modifiait le mécanisme de sorte que 
les migrants arrivés dans des conditions illégales pourront être 
renvoyés immédiatement. 
    Tsipras a confirmé que les deux pays, en première ligne dans 
la crise, s'étaient accordés pour intensifier la lutte contre 
les réseaux de passeurs. 
    Le principe de réadmission qui figure dans la déclaration 
adoptée lundi soir à Bruxelles, a poursuivi le Premier ministre 
grec, envoie un message clair aux migrants : il n'existe "ni 
volonté politique, ni capacité" de les accueillir en Europe. 
    "C'est la réalité que nous devons leur faire passer 
sincèrement afin de stopper, de réduire ce flot insupportable 
pour nos pays", a dit Tsipras. 
     
    34.000 MIGRANTS BLOQUÉS EN GRÈCE 
    La décision de plusieurs pays d'Europe centrale de fermer 
leurs frontières a de facto fermé la "route des Balkans" 
qu'empruntaient les migrants, après leur arrivée sur les îles 
grecques de la mer Egée, pour poursuivre leur exode vers 
l'Europe occidentale, principalement l'Allemagne. 
    Conséquence directe : les autorités grecques estimaient 
mardi à 34.000 le nombre de migrants bloqués en différentes 
régions de Grèce, dont plus de 13.000 à Idoméni, du côté grec de 
la frontière -- fermée -- avec la Macédoine. 
    En mer Egée, quelque 723 nouveaux arrivants ont été 
enregistrés sur les îles grecques au cours des dernières 
vingt-quatre heures. 
    La déclaration de Bruxelles, sur laquelle vont travailler 
les Vingt-Huit d'ici leur prochain sommet, les 17 et 18 mars, 
expose le principe de "renvoyer tous les migrants en situation 
irrégulière qui partent de la Turquie pour gagner les îles 
grecques" et, en parallèle, de "procéder, pour chaque Syrien 
réadmis par la Turquie au départ des îles grecques, à la 
réinstallation d'un autre Syrien de la Turquie vers les États 
membres de l'UE" (voir  ) 
    Cette règle du "un pour un" proposée par Ankara est 
présentée comme un moyen de démanteler le modèle économique des 
réseaux de passeurs, de dissuader les migrants comme les 
réfugiés d'entreprendre la dangereuse traversée de la mer Egée, 
de soulager la Grèce et de protéger les frontières extérieures 
de l'UE. 
    Le gouvernement turc demande aussi en échange un doublement 
de l'aide de trois milliards d'euros promise fin novembre par 
les Européens. 
     
    VOIR AUSSI 
    Le TEXTE de la déclaration de Bruxelles:  
    http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2016/03/07-eu-turkey-meeting-statement/ 
 
 (avec Karolina Tagaris et Lefteris Karagiannopoulos à Athènes; 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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  • M7093115 il y a 9 mois

    Attention à la manoeuvre turque : empocher 6 milliards d' euro, promettre un contrôle ( promettre ne coûte les trop cher ) et obtenir à terme l' entrée en Europe Résultat : pour éviter 2 millions de Syriens , nous aurons 80 millions de Turcs ( plus les dits Syriens évidemment ....)