La Turquie et l'Iran souhaitent "gérer leurs différences"

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    ISTANBUL, 5 mars (Reuters) - La Turquie et l'Iran doivent 
développer des "perspectives communes" pour mettre fin aux 
conflits religieux au Proche-Orient, a déclaré le Premier 
ministre turc Ahmet Davutoglu samedi lors d'une visite à 
Téhéran. 
    Les deux puissances régionales soutiennent des camps 
diamétralement opposés dans la guerre en Syrie, l'Iran épaulant 
le gouvernement de Bachar al Assad alors qu'Ankara appuie les 
rebelles sunnites. 
    "Nous avons peut-être des points de vue différents mais nous 
ne pouvons changer ni notre histoire ni notre géographie", a 
déclaré Ahmet Davutoglu après un entretien avec le 
vice-président iranien Eshagh Jahangiri.  
    "Il est extrêmement important pour la Turquie et l'Iran de 
développer des perspectives communes de manière à mettre fin à 
la lutte entre frères dans notre région, à faire cesser les 
conflits ethniques et religieux." 
    "Nous avons nos divergences sur certaines questions 
régionales mais nous sommes déterminés à gérer nos différences 
pour parvenir à la stabilité dans la région (...). L'Iran et la 
Turquie bénéficieraient de la stabilité et la sécurité 
régionales", a renchéri Eshagh Jahangiri.  
    Leurs propos étaient retransmis par les chaînes turque NTV 
et iranienne Press TV. 
    Sur le plan des relations économiques entre les deux pays, 
Ahmet Davutoglu a déclaré que l'Iran et la Turquie allaient 
pouvoir facilement dépasser leur objectif annuel de 30 milliards 
de dollars d'échanges bilatéraux.  
    "Le principal obstacle qui nous empêchait d'atteindre notre 
objectif était les sanctions. Maintenant que nous en sommes 
libérés, nous pourrons aisément dépasser cet objectif de 30 
milliards", a dit le chef du gouvernement turc.  
    Selon l'institut statistique turc, les échanges entre les 
deux pays ont représenté 9,7 milliards de dollars en 2015.  
    La Turquie vend principalement des machines, des véhicules 
et des produits sidérurgiques à l'Iran, dont le pétrole et le 
gaz représentent 90% des exportations vers la Turquie, selon le 
ministère turc des Affaires étrangères.  
 
 (Ayla Jean Yackley, avec Bozorgmehr Sharafedin à Dubaï; 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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