La Turquie doit enquêter sur des tirs contre des civils-Onu

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    GENEVE, 1er février (Reuters) - Le Haut Commissaire des 
Nations unies aux droits de l'homme a appelé lundi la Turquie à 
ouvrir une enquête sur les tirs qui ont visé un groupe de 
personnes il y a dix jours alors qu'elles n'étaient pas armées 
dans le sud-est du pays à majorité kurde. 
    Zeid Ra'ad Al Hussein, qui s'exprimait lors d'un point de 
presse, faisait référence à dix personnes, dont deux politiques 
de l'opposition, qui ont été la cible de tirs le 20 janvier 
dernier à Cizre alors qu'elles portaient secours à des blessés 
de heurts précédents. 
    Le Haut Commissaire a appelé les autorités turques "à 
respecter les droits fondamentaux de civils lors de ses 
opérations de sécurité" et à ouvrir "rapidement" une enquête. 
    Le sud-est de la Turquie est en proie à la violence depuis 
la fin, au mois de juillet dernier, du cessez-le-feu qui 
prévalait depuis deux ans et demi entre les forces 
gouvernementales et le Parti des travailleurs du Kurdistan 
(PKK). Ce conflit civil a fait 40.000 morts depuis 1984. 
    "Aujourd'hui, j'appelle les autorités turques à respecter 
les droits fondamentaux des civils dans ses opérations de 
sécurité et à enquêter rapidement sur les tirs dont a 
apparemment été victime un groupe de personnes non armées dans 
la ville de Cizre (...) après les images vidéo choquantes 
apparues la semaine dernière", a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein 
lors d'un point de presse. 
    Sur les images, explique le Haut Commissaire, on voit un 
homme et une femme tenant des drapeaux blancs et poussant une 
charrette, transportant peut-être des corps, en train de 
traverser une rue et surveillés par un blindé. 
    "Alors qu'ils atteignent l'autre côté, ils sont apparemment 
fauchés par une avalanche de tirs", déclare Ra'ad Al Hussein. 
    Il a dit s'inquiéter aussi pour celui qui a filmé la scène, 
disant craindre son arrestation. 
    "Filmer une atrocité n'est pas un crime, mais tirer sur des 
civils non armés l'est assurément", a dit le Haut Commissaire. 
    Zeid Ra'ad Al Hussein a également fait part de sa 
préoccupation concernant les poursuites à l'encontre de deux 
journalistes, le rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, Can 
Dundar et son chef du bureau d'Ankara, Erdem Gul.  
    Ce journal résolument laïque a toujours été très critique 
envers le président turc Recep Tayyip Erdogan et l'AKP, le parti 
islamo-conservateur qu'il a fondé. 
    "Personne ne devrait encourir des peines de prison à vie, 
comme dans les cas de Can Dundar et Erdem Gul, en raison d'un 
article dont on est l'auteur. Les journalistes et les autres 
personnes qui travaillent dans la presse ne doivent pas être 
arrêtés, détenus ni poursuivis pour l'exercice légitime et 
pacifique de leur profession", a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein. 
 
 (Stephanie Nebehay avec Nick Tattersall; Danielle Rouquié pour 
le service français) 
 
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