La Turquie continue les purges, les Kurdes visés

le , mis à jour à 19:58
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 (Actualisé avec déclarations d'Erdogan §1-4, précision §5) 
    DIYARBAKIR, Turquie, 8 septembre (Reuters) - Le gouvernement 
turc lance la plus importante opération de son histoire contre 
les militants kurdes, a déclaré jeudi le président Recep Tayyip 
Erdogan, après avoir suspendu 11.500 professeurs suspectés de 
soutenir un parti pro-kurde. 
    Erdogan a affirmé qu'il continuerait ses efforts pour 
supprimer le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le 
réseau du prédicateur Fethullah Gülen, considéré par Ankara 
comme responsable du putsch raté du 15 juillet et surnommé 
"organisation terroriste güleniste" (FETO). 
    "Nous avons mené et menons actuellement les opérations les 
plus importantes de l'histoire contre l'organisation terroriste 
du PKK, à la fois à l'intérieur et en dehors de nos frontières", 
a assuré le président turc. 
    "Que ce soit dans la lutte contre le PKK ou contre le FETO, 
une dimension importante de cette lutte est le renvoi des 
fonctionnaires qui sont des extensions de cette organisation à 
l'intérieur de l'Etat", a-t-il ajouté. 
    Le gouvernement a suspendu 11.500 professeurs pour leurs 
liens suspectés avec le PKK, a indiqué jeudi un responsable 
turc, après que le Premier ministre Binali Yildirim a estimé le 
week-end dernier que 14.000 professeurs avaient des connections 
avec les militants kurdes dans le sud-est du pays. 
    Les agences de presse Dogan et Anatolie et des responsables 
des services de sécurité ont également rapporté que des 
administrateurs gouvernementaux avaient été nommés dans deux 
municipalités de la province de Diyarbakir pour remplacer des 
soutiens d'un parti pro-kurde, ce qu'a démenti le gouverneur 
local. 
    "Les informations sur une prise de contrôle de deux mairies 
de la province de Diyarbakir ne reflètent pas la réalité. Il n'y 
a eu aucune nomination pour le moment. S'il y a nomination, un 
communiqué sera publié", a déclaré le gouverneur de cette 
province du sud-est dans un communiqué. 
    Le Parti démocratique des régions (DBP) qui gère les deux 
municipalités, ainsi que de nombreuses autres dans le sud-est de 
la Turquie, est considéré comme une extension du PKK par le 
président Recep Tayyip Erdogan. 
 
 (Daren Butler et Ece Toksabay, Laura Martin pour le service 
français, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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