La Turquie congédie des militaires, ferme des médias

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 (Actualisé avec nouvelle source, détails et contexte) 
    ANKARA/ISTANBUL 27 juillet (Reuters) - Les autorités turques 
ont congédié près de 1.700 militaires et fermé plus de 130 
organes de presse, ont dit mercredi des sources officielles, 
dans le cadre d'une vaste répression, qui ne laisse pas 
d'inquiéter les alliés du pays au sein de l'Otan,  suivant la 
tentative de coup d'Etat du 15 juillet. 
    Un total de 1.684 soldats ont été exclus de l'armée pour 
conduite déshonorante, a précisé un responsable gouvernemental 
turc, citant leur rôle joué dans la putsch avorté des 15 et 16 
juillet, quand certains militaires ont tenté de renverser le 
gouvernement. 
    Aux yeux du président turc Recep Tayyip Erdogan, le 
prédicateur en exil aux Etats-Unis Fethullah Gülen a fomenté le 
complot avorté. Depuis, les autorités ont suspendu, interpellé 
ou placé en détention plus de 60.000 militaires, policiers, 
magistrats, enseignants, fonctionnaires et autres personnes 
soupçonnés de liens avec le mouvement de Gülen. 
    Le prédicateur, qui a condamné la tentative de coup d'Etat 
en Turquie, a dit que cette dernière avait peut-être été montée 
de toutes pièces pour servir les intérêts du pouvoir turc. 
    Parmi les militaires dont la destitution a été annoncée ce 
mercredi, 149 étaient des généraux et des amiraux, a dit le 
responsable gouvernemental. 
    Cela représenterait quelque 40% de tous les généraux et 
amiraux que compte l'armée turque, selon des données militaires. 
    Par ailleurs, dans son journal officiel, le gouvernement a 
dit avoir ordonné à trois agences de presse, 16 chaînes de 
télévision, 45 quotidiens, 15 magazines et 29 éditeurs de mettre 
la clef sous la porte. 
    Ces fermetures d'organes de presse, qui interviennent après 
des fermetures d'autres médias soupçonnés d'avoir des liens avec 
le mouvement de Gülen, ne manqueront pas de soulever les 
inquiétudes des associations de droits de l'homme ainsi que les 
alliés occidentaux du pays, qui redoutent de voir le président 
Recep Tayyip Erdogan profiter de la tentative ratée de coup 
d'Etat pour accentuer son emprise sur le pays. 
    Lors d'un point de presse, le porte-parole du département 
d'Etat américain a ainsi dit que les Etats-Unis, tout en 
comprenant la nécessité éprouvée par la Turquie d'arrêter les 
auteurs du putsch, voyaient l'arrestation d'encore plus de 
journalistes comme une évolution "troublante". 
    Dans la journée, une source gouvernementale a dit que les 
autorités turques avaient lancé des mandats d'arrêt à l'encontre 
de 47 journalistes dans le cadre de la répression visant les 
"gülenistes" depuis le putsch raté.  ID:nL8N1AD2A2  
    Sur la liste figurent néanmoins aussi des journalistes 
connus pour leur militantisme de gauche mais qui ne partagent 
pas la vision religieuse du mouvement güleniste. 
 
 (Tulay Karadeniz et Gulsen Solaker à Ankara, Humeyra Panuk et 
Can Sezer à Instanbul, avec la contribution de David Alexander à 
Washington, Benoit Van Overstraeten pour le service français) 
 
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