La Turquie aurait bombardé des positions des Kurdes de Syrie

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(Actualisé avec démenti turc §2-3, nombre d'arrestations §11) BEYROUTH/ISTANBUL, 27 juillet (Reuters) - La milice kurde syrienne de l'YPG (Unités de protection du peuple) a accusé lundi l'armée turque d'avoir bombardé ses positions dans un village du nord de la Syrie proche de la ville de Djarablous, tenue par le groupe Etat islamique (EI). L'information, également relayée par l'Observatoire syrien des droits de l'homme, a été démentie par un membre du ministère turc des Affaires étrangères. Un autre responsable du gouvernement a dit que le PYD, l'aile politique de l'YPG, "ne figure pas parmi les objectifs de l'effort militaire en cours". Depuis un attentat suicide attribué à l'EI qui a fait 32 morts lundi dernier lors d'un rassemblement prokurde à Suruç près de la frontière syrienne, la Turquie mène des frappes à la fois contre l'EI en Syrie et contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak. Ankara dit vouloir ainsi créer une zone de sécurité le long de sa frontière. Dans un communiqué, l'YPG a accusé des chars d'avoir tiré du territoire turc sur les positions de l'YPG au lieu de viser les "terroristes". "Cette agression doit cesser", ajoute-t-elle. Dans son communiqué, l'YPG déclare également que l'un de ses véhicules a été visé par des tirs nourris de l'armée turque dans un village à l'est de la ville-frontière de Kobani. Dans le cadre des opérations de l'armée turque, des raids ont menés pour la deuxième nuit consécutive dimanche contre des camps du PKK en Irak. Le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan a également accepté d'ouvrir ses bases aériennes aux avions de la coalition anti-EI dirigée par les Etats-Unis. 900 ARRESTATIONS Parallèlement, les forces de sécurité turques ont procédé ces derniers jours à des dizaines d'arrestations d'activistes islamistes, kurdes ou d'extrême gauche présumés. Selon le responsable du gouvernement turc, quelque 900 membres présumés de l'EI, du PKK ou du DHKP/C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple) ont été interpellés au cours de la semaine écoulée. Cinq cents policiers ont ratissé le quartier de Haci Bayram à Istanbul et appréhendé ce week-end 15 membres présumés du groupe djihadiste, dont 11 ressortissants étrangers, rapporte le quotidien progouvernemental Yeni Safak. Des opérations ont également été menées dans la ville d'Adiyaman, dans le Sud-Est à majorité kurde, où 19 personnes soupçonnées de liens avec le PKK ont été arrêtées, ajoute-t-il. Les raids contre le PKK risquent de mettre un terme au délicat processus de paix engagé par le gouvernement et les séparatistes kurdes à la fin 2012. Pour le groupe séparatiste, la trêve avec Ankara n'a plus aucun sens. ID:nL5N10505M L'YPG, réputée proche du PKK, reçoit l'appui aérien des Etats-Unis dans ses combats contre le groupe djihadiste. Selon l'OSDH, la milice a pris lundi à l'EI la ville de Sarrin, au sud de Kobani, pour couper les lignes de ravitaillement du groupe djihadiste. ID:nL5N1071P5 (Suleiman Al Khalidi, avec Ayla Jean Yackley à Istanbul et Tulay Karadeniz à Ankara; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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