La tuerie de Chevaline n'est pas encore élucidée

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L'ENQUÊTE SUR LA TUERIE DE CHEVALINE SE POURSUIT
L'ENQUÊTE SUR LA TUERIE DE CHEVALINE SE POURSUIT

par Catherine Lagrange

ANNECY, Haute-Savoie (Reuters) - L'homme vivant en Haute-Savoie interpellé mardi dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline est toujours en garde à vue, mais l'affaire n'est pas élucidée pour le moment, a déclaré mercredi le procureur d'Annecy, Eric Maillaud.

Un de ses amis est également entendu pour trafic d'armes, un arsenal ayant été retrouvé chez lui, sans lien direct avec le meurtre de quatre personnes, dont trois Britanniques, en 2012.

Eric Maillaud a confirmé lors d'une conférence de presse que l'homme de 48 ans interpellé ressemblait au portrait-robot du motard aperçu par des témoins à proximité de la scène de crime mais a jugé "abusif de parler de suspect".

Cet amateur d'armes, chez lequel ont été retrouvés une quarantaine de pistolets et fusils, des grenades et des explosifs, est un ancien policier municipal, remercié pour faute en octobre dernier. Il travaille depuis en Suisse dans la sécurité.

Eric Maillaud a cependant insisté sur le fait que les enquêteurs n'avaient pas trouvé pour l'instant d'indices probants lors des perquisitions chez lui à Talloires et chez sa belle-famille.

"On n'a pas trouvé l'arme, on a pas trouvé de casque, ni de moto ressemblants", a-t-il dit, jugeant "peu envisageable" à ce stade qu'il soit mis en examen pour la tuerie.

Un motard avait été aperçu non loin des lieux du crime par Brett Martin, un cycliste britannique, et par des agents de l'ONF, ce qui avait permis en novembre la diffusion du portrait-robot d'un homme casqué portant un bouc.

"A l'heure où je parle, la tuerie n'a pas été élucidée. Rien ne permet de dire qu'on a peut-être le meurtrier de la tuerie de Chevaline", a insisté Eric Maillaud. "Mais ça ne veut pas dire qu'on n'y arrivera pas demain ou après-demain."

PROPOS VIOLENTS ET RACISTES

Un scooter et deux casques ont été retrouvés mais ils ne correspondent pas à ceux recherchés.

De même, le Luger découvert parmi les nombreuses armes de collection de l'homme entendu n'est pas du même calibre que celui utilisé pour les meurtres. En outre, celui du suspect - un P8 - a été fabriqué en Allemagne, et celui du tueur - un P6 - en Suisse.

En revanche, le téléphone portable de l'ancien policier a déclenché un relais qui laisse penser "qu'il a pu être sur la scène" du crime.

L'homme, qui est réserviste de la gendarmerie, devrait être confronté avec les deux agents des eaux et forêts qui l'ont croisé non loin du parking de Chevaline.

Selon les enquêteurs, les habitants de la commune se plaignaient de son attitude violente et raciste. Il menaçait verbalement des touristes, selon les enquêteurs.

Il pourrait être mis en examen pour trafic d'armes à l'issue de sa garde à vue et éventuellement placé en détention provisoire, a dit Eric Maillaud.

Le magistrat a souligné que le contrôle judiciaire de Zaïd al Hilli, le frère de l'ingénieur britannique tué lors du quadruple meurtre, avait été levé mais qu'il restait toujours suspect. Les deux frères auraient eu un contentieux à propos de l'héritage de leur père.

Avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • lorant21 le mercredi 19 fév 2014 à 17:09

    Si on s'aperçoit qu'on n'avait suivi que la piste familiale trop longtemps, ce ne sera pas l'épisode le plus glorieux de la police française...

  • M3493130 le mercredi 19 fév 2014 à 15:28

    S'il est coupable, il a balancé arme et casque et même moto. Si c'est un contrat, il faudra le prouver. L'enquête doit continuer car les coupables doivent être jugés.

  • LeRaleur le mercredi 19 fév 2014 à 15:07

    Mais on s'en fout.