La tuerie de Charleston relance le débat sur le drapeau confédéré

le , mis à jour à 06:56
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par Edward Krudy NEW YORK, 20 juin (Reuters) - La mort de neuf membres de la communauté noire tué dans une église par un jeune blanc mercredi à Charleston en Caroline du Sud a relancé le débat sur la présence du drapeau confédéré sur les bâtiments officiels qui abritent le Congrès et le gouvernement de cet Etat. Ce drapeau -- deux bandes bleues croisées parsemées d'étoiles blanches sur fond rouge -- a été à l'origine le drapeau de guerre utilisé par les Etats esclavagistes ayant fait sécession de l'Union en 1861. Il flotte près de la législature de Caroline du Sud depuis le début des années 60. De nombreuses personnes en Caroline du Sud ont été ulcérées quand le drapeau confédéré a été maintenu en place après la tuerie de mercredi alors même que le drapeau local et le drapeau national avaient été mis en berne. La question de son maintien divise les habitants de cet ancien Etat esclavagiste. Ceux qui demandent sa suppression soulignent sa connotation raciste. Ceux qui souhaitent son maintien disent que c'est un héritage culturel et l'expression de l'identité du Sud. Vendredi, la Maison blanche s'est jointe au débat en indiquant que le président Barack Obama estimait que cet emblème des rebelles avait sa place dans un musée. Don Doyle, professeur d'histoire à l'Université de Caroline du Sud, rappelle que le drapeau confédéré a pris sa signification moderne à partir des années 50 quand il a été utilisé en opposition au mouvement des droits civiques qui voulait mettre fin à la ségrégation et créer l'égalité des droits pour les Noirs. "C'est un symbole qui n'est pas simplement lié à l'histoire (...). C'est devenu un symbole de la rébellion contre ce que je considère être tout simplement les valeurs de base américaines d'égalité, de liberté et de justice", explique le professeur qui a étudié l'histoire du Sud pendant 35 ans. Pour lui, ce n'est pas une coïncidence que le drapeau ait été hissé sur les bâtiments du gouvernement et du Congrès de Caroline du Sud en 1962, au moment où le mouvement pour les droits civiques avait le vent en poupe et que le gouvernement fédéral faisait pression sur les Etats pour qu'ils mettent fin à la ségrégation. Dylann Roof, le jeune homme soupçonné d'être l'auteur du massacre de Charleston, avait un drapeau confédéré sur la plaque minéralogique de la voiture qu'il conduisait quand il a été arrêté. Et pas plus tard que cette semaine, la Cour suprême des Etats-Unis a maintenu l'interdiction d'apposer le drapeau confédéré sur les plaques minéralogiques au Texas. (Avec Harriet McLeod à Charleston; Danielle Rouquié pour le service français)

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