La "troïka" revient en Grèce pour une mission à quitte ou double

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LE PREMIER MINISTRE GREC PROMET DE NOUVELLES COUPES DANS LES DÉPENSES
LE PREMIER MINISTRE GREC PROMET DE NOUVELLES COUPES DANS LES DÉPENSES

par Dina Kyriakidou

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec Antonis Samaras a promis mardi de mettre en oeuvre de nouvelles coupes dans les dépenses publiques, tout en reprochant à certains responsables étrangers de saboter les efforts de son pays.

Ses propos, tenus devant des élus de son parti, interviennent alors qu'une équipe d'inspecteurs internationaux est de retour en Grèce avec pour mission de décider si le plan d'aide de 130 milliards d'euros qui maintient le pays à flot reste ou non valable.

Athènes a pris du retard sur les objectifs budgétaires fixés par le plan, en raison notamment de la difficile formation du gouvernement au printemps après deux scrutins législatifs, mais aussi à cause de la résistance des syndicats et de l'opinion publique.

Antonis Samaras a jugé que certains responsables étrangers tenaient des propos irresponsables en prédisant que la Grèce ne parviendrait pas à redresser la barre.

"Je le dis ouvertement et publiquement : ils sapent les efforts de notre nation. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour remettre le pays sur pied et ils font tout leur possible pour que nous échouions", a-t-il dit.

Il n'a pas précisé à qui s'adressait ce reproche mais dimanche, le ministre allemand de l'Economie Philipp Rösler avait dit s'attendre à ce que la Grèce ne tienne pas ses engagements.

Antonis Samaras, qui cherche à renégocier certaines dispositions du plan d'aide, a prévenu les députés que la Grèce devait apporter la preuve de son sérieux.

"Il est clair que le programme conclu pour cette année a pris du retard et que nous devons rapidement rattraper celui-ci", a-t-il dit. "Ne nous faisons pas d'illusions : il y a encore beaucoup de gaspillage dans le secteur public et cela doit cesser."

Il a par ailleurs reconnu que le produit intérieur brut (PIB) pourrait chuter de plus de 7% cette année et qu'il faudrait attendre 2014 pour espérer renouer avec la croissance, ajoutant que le chômage était proche de 24%.

Au début du mois, la "troïka" que forment le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne a prévenu Athènes que les prochaines tranches du plan d'aide ne seraient pas versées si les résultats n'étaient pas au rendez-vous.

ATHÈNES DOIT DÉTAILLER 11,7 MILLIARDS D'ÉCONOMIES

"Le programme n'a pas produit les effets désirés parce qu'il n'a pas été appliqué. Il faut, pour commencer, que le gouvernement nous montre qu'il tient ses engagements. Ensuite, nous verrons si ça fonctionne ou si des ajustements sont nécessaires", a dit à Reuters une source de la troïka qui a requis l'anonymat.

Arrivés lundi soir à Athènes, des inspecteurs du trio UE-FMI-BCE devaient entamer dès mardi une série de réunions dans les ministères grecs. Les chefs de mission de la troïka, eux, ne sont pas encore sur place mais doivent rencontrer jeudi le ministre des Finances Yannis Stournaras, puis vendredi Antonis Samaras.

Ce dernier subit de fortes pressions politiques pour réclamer une renégociation des modalités du plan d'aide, notamment de la part des partis de gauche de la coalition gouvernementale.

Yannis Stournaras a assuré qu'il ne demanderait aucune modification du plan avant d'avoir établi la crédibilité du gouvernement. Une démarche qui passe notamment par l'élaboration d'un plan de coupes budgétaires de 11,7 milliards d'euros pour la période 2013-2014, un programme qui aurait dû être détaillé en juin mais auquel il manque encore près de quatre milliards.

En attendant les résultats de la mission d'inspection, la troïka pourrait devoir prolonger un prêt-relais afin de permettre à la Grèce d'honorer une échéance de 2,3 milliards d'euros fin août.

Mais pour certains analystes, accorder des concessions à Athènes pourrait se traduire par de nouvelles difficultés sur d'autres fronts.

Accorder à la Grèce un délai de deux ans supplémentaires pour ramener son déficit à 3% du PIB nécessiterait de lui prêter 40 milliards d'euros de plus, ce qui réduirait les moyens disponibles pour aider d'autres pays, comme l'Espagne, explique ainsi Ben May, de Capital Economics.

"Les décideurs politiques se trouvent face à une tâche difficile : parvenir à un accord acceptable par toutes les parties sur ce que doit faire la Grèce pour obtenir les prochains prêts du plan de renflouement. Pour l'instant, nous continuons de penser que la Grèce pourrait sortir de la monnaie unique avant la fin de l'année", a-t-il expliqué dans une étude.

La mission de la troïka à Athènes devrait durer une semaine au moins, peut-être plus, ont dit des responsables.

Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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  • SeanO le mardi 24 juil 2012 à 18:04

    Quitte le peuple va manger grave,double il va déguster.

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