La trêve se poursuit en Colombie, discussions avec l'opposition

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    BOGOTA, 4 octobre (Reuters) - Le gouvernement colombien et 
les rebelles des Farc ont tenté lundi de venir au secours de 
l'accord de paix rejeté la veille par une courte majorité de 
Colombiens lors d'un référendum. 
    L'accord signé la semaine dernière après quatre années de 
négociations a été jugé trop favorable aux rebelles par 
50,21%des électeurs, plongeant le pays dans l'incertitude.  
     Les possibilités de rénégociation semblent désormais 
dépendre des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) 
et de leur capacité à accepter des sanctions. 
    Les partisans du "non" réclament que ces derniers remettent 
au gouvernement les fonds issus du trafic de drogue, qu'ils 
soient condamnés à des peines de prison et que leur place au 
Parlement soit déterminée par les urnes, plutôt que d'être 
garantie par le gouvernement avec des sièges octroyés d'office. 
    Au lendemain de l'échec, le président Juan Manuel Santos et 
Rodrigo Londono, connu sous son nom de guerre de Timochenko, ont 
promis de maintenir le cessez-le-feu entré en vigueur il y a 
plus d'un an et de poursuivre le dialogue. 
    "Je vais continuer à poursuivre la paix jusqu'à la dernière 
minute de mon mandat", a dit le président Santos, dont les 
fonctions prennent fin en 2018. 
    Dans un communiqué, les Farc annoncent qu'ils "resteront 
fidèles" à l'accord signé avec le gouvernement et appellent les 
organisations sociales et politiques à se mobiliser 
pacifiquement pour soutenir les termes du texte actuel. 
    Les rebelles marxistes ont en outre déclaré lundi qu'ils 
continueraient à observer le cessez-le-feu.  
     
    RENCONTRE AVEC L'OPPOSITION 
    L'opposition, emmenée par l'ancien président Alvaro Uribe, 
va rencontrer le gouvernement pour tenter de renflouer l'accord, 
a annoncé lundi le président colombien dans un discours 
télévisé. 
    "Avec une volonté de paix (présente) de toutes parts, je 
suis sûr que nous pourrons bientôt parvenir à des solutions 
satisfaisantes pour tous", a-t-il déclaré. "Le pays va en sortir 
gagnant et le processus sera renforcé", a-t-il ajouté. 
    Alvaro Uribe, son allié d'un temps devenu son plus vif 
critique, s'oppose à l'entrée des rebelles en politique et 
réclame des peines de prison à leur encontre. 
    "Nous sommes tout à fait prêts au dialogue", a-t-il dit 
lundi devant le Congrès de Colombie. "Mais y a-t-il une volonté 
du gouvernement d'écouter et d'introduire des changements?", 
a-t-il poursuivi. 
    Les Nations unies se sont félicitées du maintien du 
cessez-le-feu en dépit du rejet de l'accord de paix et ont 
annoncé l'envoi à Cuba de l'émissaire spécial Jean Arnault, pour 
aider le processus. 
    "Nous aurions espéré un résultat différent, mais je suis 
réconforté par l'engagement exprimé (par Santos et Timochenko)", 
a dit le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. "Je 
compte sur eux pour continuer jusqu'à ce qu'une paix certaine et 
durable soit conclue", a-t-il ajouté. 
    Après le refus surprise de dimanche, la Colombie n'est plus 
favorite pour le prix Nobel de la paix qui doit être décerné 
vendredi matin.  L5N1C92VF  
 
 (Helen Murphy, avec Michelle Nichols à New York; Danielle 
Rouquié et Julie Carriat pour le service français) 
 
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