La trêve ne tiendra pas, dit un chef rebelle d'Alep

le , mis à jour à 14:25
0
 (Ajoute précisions sur les combats, situation à Alep) 
    BEYROUTH, 17 septembre (Reuters) - La trêve négociée par les 
Etats-Unis et la Russie et entrée en vigueur lundi en Syrie ne 
tiendra pas, a assuré samedi un représentant de l'opposition 
armée à Alep, alors que les violations se multiplient.  
    Moscou, dont l'aviation appuie l'armée syrienne, et 
Washington, qui soutient des rebelles jugés modérés, ont tous 
deux exprimé vendredi l'intention de prolonger ce cessez-le-feu 
précaire.   
    Leur accord prévoit notamment l'acheminement d'aide 
humanitaire dans les quartiers orientaux d'Alep, tenus par les 
insurgés, et dans d'autres localités assiégées par les forces 
progouvernementales, mais aucun convoi n'est encore arrivé à 
destination.   
    "La trêve, comme nous l'avons (...) dit au département 
d'Etat, ne tiendra pas", a affirmé le chef rebelle d'Alep, 
soulignant le fait que les camions de l'Onu attendent toujours 
le feu vert de Damas pour gagner la ville.  
    "Une partie (la Russie) qui mène la guerre contre un peuple 
ne peut pas essayer d'obtenir une trêve et il n'est pas non plus 
possible qu'elle parraine cet accord alors qu'elle bombarde jour 
et nuit, tandis que, de l'autre côté, l'autre partie - à savoir 
les Etats-Unis - est spectatrice", a-t-il poursuivi.  
    Moscou, qui accuse également les rebelles de violer les 
termes de l'accord, invite Washington à faire davantage pour 
qu'ils respectent la trêve et à distinguer les modérés des 
djihadistes, qui ne sont pas concernés par le cessez-le-feu. 
    "Nos partenaires (les Etats-Unis) appellent à l'ouverture et 
à la transparence (...) mais ils ne respectent pas ce postulat", 
a estimé samedi Vladimir Poutine, à Bichkek, où se tient un 
sommet de la Communauté des États indépendants (CEI).  
    "C'est à cause des difficultés qu'ils rencontrent (...), 
pour faire la différence entre les composantes légitimes de 
l'opposition et les demi-criminels (...) Mais nous sommes plus 
positifs que négatifs et espérons que les promesses (des 
Américains) seront tenues", a ajoute le président russe. 
     
    COMBATS CONTRE L'EI 
    Le principal point de discorde entre les deux camps concerne 
l'acheminement de l'aide à Alep, divisée entre quartiers tenus 
par le gouvernement et quartiers tenus par les rebelles. Les 
forces syriennes encerclent la zone rebelle, prenant au piège 
300.000 civils qui ne sont plus ravitaillés en nourriture.  
    Les parties au conflit s'accusent de ne pas avoir évacué la 
route Castello, par laquelle l'aide doit être acheminée.    
    Vendredi après-midi, le ministère russe de la Défense a 
affirmé que l'armée syrienne avait quitté ses positions dans 
cette zone destinée à être démilitarisée, avant d'indiquer 
quelques minutes plus tard qu'elle y était revenue après avoir 
été "attaquée par les rebelles".     
    "Il n'y a aucun changement", a constaté samedi Zakaria 
Malahifji, porte-parole d'un groupe rebelle à Alep.  
    Sur le terrain, des raids aériens ont visé dans la nuit des 
positions rebelles à Maarat al Nouman, à Sarakeb et à Khan 
Cheïkhoun, dans la province d'Idlib, rapporte l'Observatoire 
syrien des droits de l'homme.  
    D'autres bombardements et des combats ont eu lieu dans la 
Ghouta orientale, ainsi qu'au nord de Homs, à l'est de Hama, au 
sud d'Alep et dans la province de Deraa, ajoute-t-il. 
    Dans le nord du pays, les rebelles de l'Armée syrienne libre 
soutenus par l'armée turque progressent vers le sud à partir des 
villes d'Al Raï et Azaz en direction de la ville d'Al Bab, 
contrôlée par l'Etat islamique, qui n'est pas concerné par la 
cessation des hostilités.  
    Des combats ont également repris samedi entre l'armée 
syrienne et les djihadistes de l'EI autour des villes de Kasr al 
Haïr et Soukhna et dans les alentours de Palmyre.  
    Des positions de l'organisation d'Abou Bakr al Baghdadi ont 
également été visées par des raids aériens près de Daïz az Zour, 
dans l'est du pays. Dans les monts Qalamoun au nord-est de 
Damas, des affrontements opposaient l'EI aux djihadistes rivaux 
du Front Fateh al Cham, ancienne branche syrienne d'Al Qaïda.  
 
 (Angus McDowall et Tom Perry, avec Olesya Astakhova à Bichkek 
et Humeyra Pamuk à Istanbul, Jean-Philippe Lefief et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant