La trêve mise à l'épreuve dans l'est de l'Ukraine

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par Gabriela Baczynska et Aleksandar Vasovic DONETSK/MARIOUPOL, Ukraine, 7 septembre (Reuters) - Le cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine a été mis à l'épreuve dimanche avec la reprise de bombardements dans les environs du port stratégique de Marioupol et de la grande ville de Donetsk, les deux principaux fronts entre les forces gouvernementales et les séparatistes pro-russes. Chaque camp accuse l'autre d'avoir violé la trêve entrée en vigueur vendredi soir après cinq mois d'affrontements et on ignore si ces bombardements ont fait des victimes. Des explosions régulières ont retenti dans la matinée au nord de Donetsk et des colonnes de fumée noire étaient visibles dans le ciel, rapporte une journaliste de Reuters. Ces détonations provenaient des abords de l'aéroport, contrôlé par les forces gouvernementales alors que la ville de Donetsk elle-même est aux mains des séparatistes pro-russes. Des rebelles ont déclaré à Reuters que l'aéroport était vide et que les combats se concentraient désormais sur une installation militaire située à proximité. "Ecoutez le bruit du cessez-le-feu", a plaisanté un rebelle en armes. "Une véritable bataille est en cours ici." Une autre grave violation du cessez-le-feu a été signalée au cours de la nuit à Marioupol, au sud de Donetsk, où les forces gouvernementales disent avoir essuyé des tirs d'artillerie. Dans les jours qui ont précédé le cessez-le-feu, les forces gouvernementales se sont efforcées de repousser une grande offensive rebelle sur ce port de la mer d'Azov, essentiel aux exportations du secteur sidérurgique ukrainien. Les autorités de Kiev affirment que les séparatistes bénéficient de renforts russes, ce que Moscou dément. ÉCHANGE DE PRISONNIERS "Eux, les terroristes, les Russes, ils essaient de nous effrayer. Ils n'ont aucun respect pour le cessez-le-feu. Ils mentent sans arrêt. Ce sont des gens sans honneur", a dit Slavik, un soldat ukrainien armé d'une mitrailleuse. "Nous avons quitté le secteur avant-hier. Tout le monde a pu nous voir retirer nos chars conformément à l'accord. Nous avons seulement laissé des gens équipés d'armes légères pour tenir les barrages et ces monstres violent chaque mot de l'accord", a-t-il ajouté. Un chef séparatiste, Andreï Pourguine, a pour sa part déclaré à l'agence de presse russe RIA: "Malgré les provocations des forces ukrainiennes, les milices des républiques populaires respecteront scrupuleusement les accords de Minsk. Les milices n'utilisent pas et n'utiliseront pas les armes." Le cessez-le-feu conclu à Minsk, la capitale biélorusse, est intervenu après un spectaculaire renversement de situation sur le terrain, où, après deux mois d'offensive dans l'est de l'Ukraine, les forces gouvernementales ont subi la progression soudaine des séparatistes. L'Ukraine a imputé cette brusque inversion de tendance à la Russie, accusée d'envoyer des hommes et des armes sur son territoire en soutien aux rebelles. Moscou rejette catégoriquement ces accusations. Le président ukrainien Petro Porochenko et son homologue russe Vladimir Poutine sont convenus samedi au cours d'un entretien téléphonique que des mesures devaient être prises pour consolider la trêve. Ce cessez-le-feu est censé favoriser la mise en oeuvre d'un plan de paix pour mettre fin à un conflit qui a fait près de 3.000 morts. Il doit être accompagné d'un échange de prisonniers et de la création d'un couloir humanitaire pour permettre notamment l'acheminement d'une aide aux civils pris au piège des combats. L'agence Interfax a rapporté que de premiers prisonniers de guerre avaient été remis aux forces gouvernementales samedi soir, ce qu'aucune autre source n'a confirmé dans l'immédiat. (Bertrand Boucey pour le service français)

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