La trêve en Ukraine quasiment caduque, selon l'OSCE

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(Actualisé avec déclarations) par Thomas Grove et Natalia Zinets MOSCOU/KIEV, 13 novembre (Reuters) - Le cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine est pratiquement caduc, estime le représentant pour l'Ukraine de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) alors que Kiev et Moscou se sont à nouveau mutuellement accusés, jeudi, de violer la trêve approuvée début septembre. Cette suspension des combats, au respect de laquelle l'OSCE est chargée de veiller, a été conclue le 5 septembre à Minsk, en Biélorussie. Mais il est désormais pratiquement impossible de continuer de parler de cessez-le-feu, a dit Ihor Prokoptchouk, cité par le journal autrichien Die Presse. "Depuis l'accord de Minsk (...), il y a eu plus de 2.400 violations du cessez-le-feu par des groupes d'activistes. Plus de 100 soldats ukrainiens et des dizaines de civils ont été tués", a-t-il ajouté. La trêve est violée quotidiennement et ces violations se sont multipliées depuis la tenue le 2 novembre d'élections dans les régions contrôlées par les séparatistes pro-russes, un scrutin que Kiev a jugé illégal. Malgré cette situation, les forces gouvernementales ukrainiennes ont affirmé ne pas avoir l'intention de renoncer au cessez-le-feu, point essentiel d'une série de dispositions acceptées par le président Petro Porochenko lors de la réunion à Minsk. "Nous n'avons aucune intention d'abandonner (la trêve) malgré toutes les tentatives de la part des Russes de rompre les accords", a dit Andriy Lissenko, porte-parole de l'armée ukrainienne. Il a précisé que les bombardements sur les zones résidentielles dans les régions séparatistes de Louhansk et de Donetsk se sont intensifiés tandis que la Russie continue d'acheminer du matériel au profit des rebelles, selon Kiev. "Nous ne pouvons pas prévoir (quand une attaque va se produire) mais nous devons toujours être prêts", a-t-il dit, précisant que les réservistes de l'armée se préparaient à intervenir si nécessaire. NOUVEAU DÉMENTI DE MOSCOU Le bilan des combats dans l'est de l'Ukraine a franchi le seuil des 4.000 morts depuis la conclusion du cessez-le-feu et Kiev a accusé ces derniers jours la Russie d'avoir envoyé des troupes supplémentaires sur son sol. Moscou, de son côté, nie régulièrement acheminer de l'aide militaire ou financière aux séparatistes et réfute toute implication directe dans le conflit. Un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a affirmé jeudi qu'il n'y avait aucun soldat russe dans l'est de l'Ukraine et que Moscou faisait tout son possible pour prévenir la reprise d'un conflit armé. "(L'échec d'un cessez-le-feu) ne doit pas être permis", a dit Alexandre Loukachevitch cité par l'agence de presse Interfax. "Cela serait catastrophique pour la situation de l'Ukraine", a-t-il jugé. Selon lui, ce sont les troupes ukrainiennes qui violent le protocole de Minsk en ne respectant pas leur engagement d'arrêter les combats. Cette dernière affirmation est contestée par Ihor Prokoptchouk qui affirme que l'armée ukrainienne n'a pas violé le cessez-le-feu. "Toutes les troupes ukrainiennes ont reçu l'ordre de respecter le cessez-le-feu. Mais quand elles sont attaquées, elles ripostent", a-t-il dit. Un journaliste de Reuters a vu une colonne de 50 véhicules se dirigeant vers Donetsk, mardi, avec des lance-roquettes et des pièces d'artillerie. "La probabilité d'une autre invasion du territoire ukrainien par les troupes russes est élevée. Cela peut se produire à tout moment", a dit Zorian Chkiriak, conseiller du ministre ukrainien de l'Intérieur. Quatre soldats ukrainiens ont été tués au cours des dernières vingt-quatre heures, selon le bilan fourni par le porte-parole de l'armée régulière. (Shadia Nasralla, avec Natalia Zinets à Kiev et Thomas Grove à Moscou; Marc Angrand et Pierre Sérisier pour le service français)

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