La trêve en Syrie a expiré, aucune prolongation annoncée

le , mis à jour à 17:19
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 (Actualisé avec Moscou, Kerry et Ayrault) 
    par Tom Perry 
    BEYROUTH, 19 septembre (Reuters) - La trêve de sept jours 
décrétée par l'armée syrienne a expiré dimanche une minute avant 
minuit (20h59 GMT) et aucune prolongation n'a été annoncée 
lundi.  
    L'instauration de ce "régime de calme" avait été annoncée le 
12 septembre deux jours après l'accord sur les modalités d'un 
cessez-le-feu conclu par les Etats-Unis et la Russie.  
    "En pratique, la trêve a échoué et elle est terminée", a 
commenté un responsable rebelle, le chef du bureau politique du 
groupe Fastaqim basé à Alep Zakaria Malahifji, qui a ajouté 
qu'il fallait voir si quelque chose pouvait être fait pour la 
sauver "en théorie".  
    S'exprimant de la ville turque de Gaziantep, Zakaria 
Malahifji a également laissé entendre que des groupes rebelles 
se préparaient à de nouvelles actions militaires. "J'imagine que 
dans un proche avenir, les groupes vont passer à l'action", 
a-t-il dit.  
    Toutes les parties au conflit se sont mutuellement accusées 
de violations de cette trêve entrée en vigueur sous le 
parrainage de la Russie et des Etats-Unis, la deuxième cette 
année en Syrie. 
    A New York, où il participe à l'Assemblée générale annuelle 
des Nations unies, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a 
estimé lundi que le cessez-le-feu "tenait mais qu'il était 
fragile". 
    Le chef de la diplomatie américaine a précisé que des 
conseillers russes et américains étaient réunis à Genève pour 
faire le point sur la situation. 
    Mais à Moscou, le ministère russe de la Défense a déclaré 
qu'il lui semblait "absurde" que les forces du régime de Bachar 
al Assad respectent seules le cessez-le-feu alors qu'elles sont 
attaquées par des insurgés que Washington ne parvient pas à 
mettre au pas. 
    "Des soldats syriens et des citoyens pacifiques meurent 
encore. La cause en est que les Etats-Unis n'ont aucun moyen de 
pression efficace pour influencer l'opposition en Syrie et n'ont 
pas conscience de la situation véritable sur le terrain", a 
déclaré le lieutenant-général Sergueï Roudskoï, un haut 
responsable du ministère. 
    "En tenant compte du fait que les termes du cessez-le-feu ne 
sont pas respectés par les insurgés, nous considérons qu'il est 
absurde qu'il soit observé unilatéralement par les forces du 
gouvernement syrien", a-t-il ajouté. 
    Lundi à la mi-journée, Moscou faisait état de 53 violations 
de la trêve au cours des vingt-quatre heures écoulées. 
    Les perspectives d'une prolongation de la trêve s'étaient 
déjà considérablement amenuisées ce week-end à la suite des 
raids aériens de la coalition sous commandement américain qui 
ont visé samedi des positions de l'armée syrienne dans la région 
de Daïr az Zour, tuant plusieurs dizaines de soldats syriens. 
    L'armée américaine a plaidé l'erreur de tir, pensant frapper 
des positions des djihadistes de l'Etat islamique. Mais Moscou a 
estimé que ces frappes mettaient en péril la trêve.   
    De New York, où il doit aussi assister à l'assemblée 
annuelle de l'Onu, le ministre français des Affaires étrangères, 
Jean-Marc Ayrault, a convenu que l'accord russo-américain à 
l'origine de ce cessez-le-feu était "particulièrement fragile". 
    Mais il a ajouté qu'il demeurait la seule "lueur d'espoir" 
de solution au conflit qui a fait plus de 250.000 morts depuis 
mars 2011, profondément déstabilisé la région tout entière, 
favorisé l'essor de l'Etat islamique et provoqué la plus grave 
crise de réfugiés en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. 
    "C'est la seule base sur laquelle la communauté 
internationale peut se reposer", a-t-il dit. 
 
 (Tom Perry avec Polina Devitt à Moscou et Lesley Wroughton et 
John Irish à New York; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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