La trêve en Syrie a expiré, aucune prolongation annoncée

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FIN DE LA TRÊVE EN SYRIE
FIN DE LA TRÊVE EN SYRIE

par Tom Perry

BEYROUTH (Reuters) - La trêve de sept jours décrétée par l'armée syrienne a expiré dimanche une minute avant minuit (20h59 GMT) et aucune prolongation n'a été annoncée lundi.

L'instauration de ce "régime de calme" avait été annoncée le 12 septembre deux jours après l'accord sur les modalités d'un cessez-le-feu conclu par les Etats-Unis et la Russie.

"En pratique, la trêve a échoué et elle est terminée", a commenté un responsable rebelle, le chef du bureau politique du groupe Fastaqim basé à Alep Zakaria Malahifji, qui a ajouté qu'il fallait voir si quelque chose pouvait être fait pour la sauver "en théorie".

S'exprimant de la ville turque de Gaziantep, Zakaria Malahifji a également laissé entendre que des groupes rebelles se préparaient à de nouvelles actions militaires. "J'imagine que dans un proche avenir, les groupes vont passer à l'action", a-t-il dit.

Toutes les parties au conflit se sont mutuellement accusées de violations de cette trêve entrée en vigueur sous le parrainage de la Russie et des Etats-Unis, la deuxième cette année en Syrie.

A New York, où il participe à l'Assemblée générale annuelle des Nations unies, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a estimé lundi que le cessez-le-feu "tenait mais qu'il était fragile".

Le chef de la diplomatie américaine a précisé que des conseillers russes et américains étaient réunis à Genève pour faire le point sur la situation.

Mais à Moscou, le ministère russe de la Défense a déclaré qu'il lui semblait "absurde" que les forces du régime de Bachar al Assad respectent seules le cessez-le-feu alors qu'elles sont attaquées par des insurgés que Washington ne parvient pas à mettre au pas.

"Des soldats syriens et des citoyens pacifiques meurent encore. La cause en est que les Etats-Unis n'ont aucun moyen de pression efficace pour influencer l'opposition en Syrie et n'ont pas conscience de la situation véritable sur le terrain", a déclaré le lieutenant-général Sergueï Roudskoï, un haut responsable du ministère.

"En tenant compte du fait que les termes du cessez-le-feu ne sont pas respectés par les insurgés, nous considérons qu'il est absurde qu'il soit observé unilatéralement par les forces du gouvernement syrien", a-t-il ajouté.

Lundi à la mi-journée, Moscou faisait état de 53 violations de la trêve au cours des vingt-quatre heures écoulées.

Les perspectives d'une prolongation de la trêve s'étaient déjà considérablement amenuisées ce week-end à la suite des raids aériens de la coalition sous commandement américain qui ont visé samedi des positions de l'armée syrienne dans la région de Daïr az Zour, tuant plusieurs dizaines de soldats syriens.

L'armée américaine a plaidé l'erreur de tir, pensant frapper des positions des djihadistes de l'Etat islamique. Mais Moscou a estimé que ces frappes mettaient en péril la trêve.

De New York, où il doit aussi assister à l'assemblée annuelle de l'Onu, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a convenu que l'accord russo-américain à l'origine de ce cessez-le-feu était "particulièrement fragile".

Mais il a ajouté qu'il demeurait la seule "lueur d'espoir" de solution au conflit qui a fait plus de 250.000 morts depuis mars 2011, profondément déstabilisé la région tout entière, favorisé l'essor de l'Etat islamique et provoqué la plus grave crise de réfugiés en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

"C'est la seule base sur laquelle la communauté internationale peut se reposer", a-t-il dit.

(Tom Perry avec Polina Devitt à Moscou et Lesley Wroughton et John Irish à New York; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

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