La trêve à Gaza n'a tenu que quelques heures

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TRÊVE ROMPUE À GAZA
TRÊVE ROMPUE À GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - La trêve humanitaire de 72 heures entre Israël et le Hamas censée permettre l'ouverture de négociations n'a tenu que quelques heures vendredi avant que le conflit ne reprenne dans la bande de Gaza.

Dans le secteur de Rafah, dans le sud du territoire côtier, 40 personnes au moins ont été tuées dans des bombardements israéliens, a-t-on appris auprès de l'hôpital local.

Un photographe de Reuters avait vu un peu plus tôt dans la matinée des blindés des forces israéliennes ouvrir le feu.

Selon des médias israéliens, des combattants palestiniens auraient tiré sur des soldats israéliens dans ce même secteur de Rafah.

Un membre du cabinet du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé de son côté le Hamas et d'autres factions combattantes palestiniennes de "violations flagrantes" de la trêve humanitaire sans fournir de précisions.

Les sirènes ont retenti à plusieurs reprises dans le sud d'Israël, signalant de nouvelles salves de roquettes tirées depuis le territoire palestinien.

Entré en vigueur à 08h00 (05h00 GMT), au 25e jour de conflit, le cessez-le-feu de trois jours, annoncé jeudi soir par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et le secrétaire d'Etat américain John Kerry dans un communiqué commun, devait permettre l'ouverture au Caire de négociations sur une trêve durable.

"Nous exhortons toutes les parties à agir avec retenue jusqu'à l'entrée en vigueur de ce cessez-le-feu humanitaire et à pleinement respecter leurs engagements pendant le cessez-le-feu", ont déclaré Ban Ki-moon et John Kerry dans leur communiqué. "Ce cessez-le-feu est capital pour offrir à des civils innocents un répit indispensable", ont-ils dit.

La trêve devait être la plus longue depuis le début de l'opération israélienne le 8 juillet.

NÉGOCIATIONS EN QUESTION

Quelques heures avant l'annonce du cessez-le-feu, Benjamin Netanyahu, réagissant aux inquiétudes de plus en plus vives de la communauté internationale face au nombre grandissant de victimes civiles, avait dit qu'Israël était déterminé à détruire la totalité des tunnels creusés par les groupes palestiniens sous la frontière de la bande de Gaza, "qu'il y ait ou non un cessez-le-feu".

Le texte de Ban Ki-moon et John Kerry précisait que les "forces sur le terrain resteront en place" pendant la trêve, ce qui impliquait que l'armée israélienne ne se retirerait pas et pourrait continuer ses opérations contre les tunnels.

Dans l'intervalle, des délégations israélienne et palestinienne devaient se rendre au Caire pour des négociations séparées en vue d'un arrêt plus durable des hostilités.

On ignore à ce stade le sort de ces discussions. Mais dans un communiqué, le ministère égyptien des Affaires étrangères avait souligné "l'importance que les deux parties respectent leurs obligations (...) pour que les négociations puissent se dérouler dans des conditions convenables et parvenir aux résultats souhaités".

Depuis le début de l'opération "Bordure protectrice" le 8 juillet, au moins 1.429 Palestiniens, pour la plupart des civils, ont été tués dans les pilonnages et les combats, selon des médecins gazaouis. Dans le même temps, Israël a perdu 61 soldats, et trois civils sont morts en territoire israélien dans les tirs de roquettes ou d'obus de mortier palestiniens.

(Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

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