La trajectoire des Kouachi montre les limites du renseignement

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LA TRAJECTOIRE DES FRÈRES KOUACHI SOULIGNE LES LIMITES DU RENSEIGNEMENT
LA TRAJECTOIRE DES FRÈRES KOUACHI SOULIGNE LES LIMITES DU RENSEIGNEMENT

par Mark Hosenball

WASHINGTON (Reuters) - La tuerie de mercredi à la rédaction de Charlie Hebdo et ses suites montrent les limites de l'action des services de renseignement, qui disposent souvent d'informations sur les auteurs de tels actes avant qu'ils ne soient commis, mais qui ne parviennent à les recouper qu'après.

Le problème essentiel réside dans l'énorme quantité d'informations à passer au crible pour établir des liens à même d'éveiller les soupçons, dit-on dans les agences antiterroristes américaines et européennes.

"Quand quelque chose tourne mal, l'une des premières choses qu'on fait, c'est de vérifier toutes les bases de données. Invariablement, on trouve des choses. C'est inévitable", explique Michael Hayden, ancien directeur de la CIA et de la National Security Agency.

Pour Bruce Riedel, expert de la CIA, "le problème des services de renseignement et de sécurité français, c'est que beaucoup de citoyens français sont allés faire le djihad en Syrie, en Irak ou ailleurs et, qu'après leur retour, ils ne peuvent pas les surveiller tous 24 heures sur 24".

"Si vous n'avez enfreint aucune législation, les renseignements des pays démocratiques ne peuvent pas vous arrêter ou vous suivre en permanence juste parce que vous être un djihadiste fanatique", poursuit-il.

"Dans la plupart des cas, les renseignements sont incapables de prédire à quel moment un adepte des idées radicales va devenir un terroriste."

Saïd et Chérif Kouachi, les auteurs présumés de l'attentat de mercredi contre Charlie Hebdo, étaient connus depuis plusieurs années des services de renseignement français et américains.

Interpellé en 2005 alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Irak pour y combattre, Chérif, 32 ans, a été condamné pour avoir fait partie d'un réseau djihadiste. Selon des sources européennes et américaines proches de l'enquête, Saïd, 34 ans, s'est quant à lui rendu au Yémen en 2011 pour s'entraîner avec des islamistes liés à Al Qaïda.

Selon les autorités américaines, les frères Kouachi étaient fichés dans deux bases de données - l'une, hautement confidentielle, baptisée TIDE et contenant les noms de 1,2 million de suspects, l'autre, une "no-fly list" plus restreinte, contenant les noms des individus interdits de vol, qui est gérée par le Terrorist Screening Center, une unité coordonnant l'action des agences de renseignement.

DES SUSPECTS PRIORITAIRES

Tous deux étaient donc considérés comme des suspects à surveiller en priorité, mais les autorités françaises ont relâché cette surveillance après plusieurs années sans éléments nouveaux, précise-t-on de sources européennes et américaines.

Après le retour de Saïd du Yémen, les frères Kouachi semblent avoir consciencieusement évité tout contact avec d'autres suspects qu'ils savaient sous surveillance, ce qui peut laisser supposer qu'ils s'apprêtaient à passer à l'acte depuis plusieurs années, dit-on de mêmes sources.

Des deux côtés de l'Atlantique, on souligne que le grand nombre de suspects à surveiller et les moyens considérables que cela suppose conduisent les services de renseignement à établir des priorités. La surveillance d'un seul individu et l'identification de ses contacts peuvent demander la mobilisation d'une trentaine de personnes au quotidien, souligne-t-on.

La tâche est aujourd'hui d'autant plus complexe que des milliers de volontaires partis prêter main forte à l'Etat islamique ou au Front al Nosra en Syrie rentrent dans leur pays avec l'expérience des armes et du djihad.

Les enquêtes sur les actes terroristes montrent régulièrement que les agences de renseignement disposaient d'informations qui auraient pu leur mettre la puce à l'oreille si elles avaient été recoupées.

Après les attentats du 11 septembre 2001, il a ainsi été démontré que plusieurs des auteurs étaient connus de la CIA et du FBI. Ces informations n'ont toutefois pas été mises en relations faute d'échanges.

L'enquête parlementaire sur les attentats de juillet 2005 dans les transports londoniens a également montré que deux des quatre auteurs avaient auparavant attiré l'attention des services antiterroristes. Ils n'ont toutefois jamais été considérés comme des suspects prioritaires.

Des conclusions similaires ont été tirées après la fusillade qui a fait 13 morts en novembre 2009 à Fort Hood, au Texas, et l'attentat manqué du 25 décembre de la même année à bord d'un avion parti d'Amsterdam à destination de Detroit.

Les services de renseignement américains disposaient d'informations permettant d'établir un lien entre leurs auteurs et un membre d'Al Qaïda au Yémen, que Saïd Kouachi aurait également rencontré, mais ces informations n'ont été recoupées qu'a posteriori.

(Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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  • M3866838 le samedi 10 jan 2015 à 12:05

    Vous faites une caricature un peu stupide mais manifestement sans message politique d' une ministre noire dont l'incompétence n'est plus à prouver, on vous met en prison. Vous faites une satyre de Mahomet ou du Pape, tout aussi stupide,mais vous appartenez à un journal de gauche, vous êtes un défenseur de la liberté. Vous prêchez la destruction de l'occident avec toute la haine dont vous êtes capable, vous et ceux qui vous écoutent sont intouchables.

  • wanda6 le samedi 10 jan 2015 à 11:58

    http://youtu.be/Rlf8KHhJDxw

  • M4416356 le samedi 10 jan 2015 à 11:35

    Peut être faudrait-il commencer à faire le ménage dans les cités.

  • M940878 le samedi 10 jan 2015 à 11:31

    pourtant ils ont tous un point commun