La tragédie d'une famille coréenne

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Les cheveux en bataille, Oh Kil-nam s'accroche à deux photos jaunies comme à un trésor perdu.

Sur le cliché aux couleurs fanées datant des années 1980, il porte déjà des lunettes épaisses à monture en plastique sombre, mais il serre dans ses bras ses deux filles, en vacances, sur les dunes de la côte da­noise. La chevelure au vent, l'aînée, Haewon, 9 ans, se blottit, insouciante, contre son papa et sourit à côté de la cadette, Kyu won, 6 ans. Scène banale d'un bonheur familial à jamais broyé entre les griffes totalitaires de la Corée du Nord.

Près de trente ans plus tard, le vieil homme se raccroche à son ultime espoir: que ses deux filles soient encore en vie dans le camp de travail de Yodok, au nord du 38e parallèle. «Il y a deux ans, un ancien détenu m'a affirmé qu'il les avait vues en vie là-bas en 2003», explique Oh. À l'heure du café, un après-midi à Séoul, l'économiste sud-coréen à la retraite s'accroche à ce dernier signe de vie.

Le fardeau de la culpabilité

Il n'ose plus dire qu'il rêve encore de retrouver son épouse, Suk Ja, don

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