La tour vide qui coûte des millions de dollars à la Nasa

le
0

Sur une rive du Mississippi, une tour d’acier blanc, érigée depuis cet été, devait aider les États-Unis à marcher une seconde fois sur la Lune. Mais la nouvelle installation de la Nasa reste vide et l’addition est salée.

L’agence spatiale américaine a dépensé près de 280 millions d’euros (soit 349 millions de dollars) pour rien. Dans le comté de Hancock, au bord du Mississippi, la Nasa a édifié une tour en acier blanc. Une tour qu’elle savait inutile avant même la fin du chantier. Aussitôt les travaux finis le 27 juin dernier, le nouveau banc d’essais de moteur de fusée devait tester les prochains équipements à destination de la Lune. «Le temps est venu pour les États-Unis de dépasser l’orbite terrestre une fois de plus»,avait déclaré la Nasa au printemps 2010. Mais l’idée d’une nouvelle marche sur le satellite naturel de la Terre a tourné court.

Le programme lié à cette reconquête spatiale, né sous l’administration Bush, a été annulé fin 2010. Barack Obama avait estimé les coûts et les retards des travaux sur le site historique Stennis, trop onéreux. La Maison Blanche et le Congrès américain ont quand même insisté pour que la Nasa termine cette tour de près de 100 mètres de haut, vouée pourtant à l’abandon.

Un chantier à terminer à tout prix

Deux sénateurs républicains du Mississippi ont forcé la main à l’agence. Juste après que le projet est mis en sommeil, ils ont ordonné l’achèvement des travaux à tout prix. L’élu Roger Wicker s’est justifié sur le site du Sénat américain le 30 septembre 2010. «Cet amendement aide à encourager les envois futurs de cosmonautes, et permet au Mississippi d’être toujours leader dans le programme spatial de notre nation», se félicite le sénateur. Le texte est votée par la chambre haute, puis promulgué par le président des Etats-Unis.

Au même moment, la Nasa avait déjà construit 65 % de la tour, relève Paul Martin, inspecteur général de l’agence, qui dénonce des «pressions politiques» dans un bilan annuel de 2013. Le magazine Businessweek rappelle que les travaux ont mobilisé 5000 ouvriers. Ce qui a fait de la Nasa le plus grand employeur de la région. Des commentateurs anonymes sur le site du Washington Post crient au «clientélisme». D’autres défendent l’agence spatiale: «On ne peut pas accuser la Nasa...mais plutôt, les chefs de la Nasa (Maison Blanche, Congrès) qui n’arrêtent pas de changer d’objectif et ne donne aucune direction» à l’institut.

«Un monument voué à la dérive»

Quatre ans plus tard, la tour est montée et reste vide. L’agence devra dépenser environ 1 million d’euros (entre 700 000 et 1,5 million de dollars) par an en frais d’entretien. Car le banc d’essais renferme des produits chimiques dangereux et délicats à manipuler, dont pas loin de 132.500 litres d’oxygène liquide hautement inflammables. Et «démolir ou exploiter les infrastructures dont la Nasa n’a plus besoin n’est pas sans coût», rappelle Paul Martin en septembre 2013. La Nasa est donc voué à entretenir «un monument voué à la dérive», selon le Washington Post.

Cette installation n’est pas un cas isolé, d’après le quotidien américain. Six autres plateformes inutiles sont encore entretenues aux frais de la Nasa depuis les années 90.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant