La torture toujours répandue dans les prisons afghanes, dit l'Onu

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KABOUL, 25 février (Reuters) - Les autorités afghanes ont torturé ou infligé des mauvais traitements au tiers des quelque 800 détenus ayant des liens présumés avec les taliban que des enquêteurs des droits de l'homme ont pu interroger, ont annoncé mercredi les Nations unies. L'Onu note dans un rapport que l'Afghanistan a fait des progrès en matière de conditions de détention mais regrette que l'absence de poursuites judiciaires contre les membres des services de sécurité qui se livrent à la torture encourage la poursuite de telles pratiques. "Les efforts du gouvernement afghan pour empêcher la torture et les mauvais traitement ont été notables ces deux dernières années mais il reste beaucoup à faire", a commenté dans un communiqué le représentant des Nations unies en Afghanistan, Nicholas Haysom. La loi afghane interdit la torture mais les enquêteurs y ont souvent recours pour arracher aux suspects des aveux qui demeurent la pierre angulaire du système judiciaire du pays, note l'Onu dans son rapport publié tous les deux ans. Les enquêteurs y relèvent une diminution de 14% des actes de torture au cours des deux dernières années, qu'ils mettent notamment sur le compte d'une prise de conscience des autorités afghanes et d'une amélioration des techniques d'interrogatoires. Mais ils constatent que 35% des détenus soupçonnés d'appartenir aux taliban ont été torturés ou ont subi des mauvais traitement pendant cette période (dont des passages à tabac, chocs électriques, torture par suspension) et qu'un seul cas de torture a fait l'objet de poursuites judiciaires depuis 2010. Le rapport fait en outre état d'informations "crédibles" sur l'existence de centres de détention secrets dans certaines régions afghanes, dont l'Onu demande la fermeture immédiate. Dans sa réponse aux Nations unies, le gouvernement afghan reconnaît l'existence d'un problème lié à la torture et s'engage à lutter contre ce phénomène, tout en jugeant le rapport "trompeur sur le plan statistique". (Jessica Donati et Kay Johnson; Tangi Salaün pour le service français) )

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