La torture toujours répandue dans la police chinoise - HRW

le , mis à jour à 04:48
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PEKIN, 13 mai (Reuters) - Six ans après l'adoption d'une série de réformes pour limiter les abus de la police, les détenus chinois continuent de subir des mauvais traitements et des actes de torture de la part des forces de l'ordre, écrit le groupe de défense des droits de l'homme Human Rights Watch dans un rapport publié mercredi. "La police torture des criminels présumés pour les obliger à avouer leurs crimes et les tribunaux condamnent des personnes qui ont avoué sous la torture", déplore HRW. Le groupe mentionne les témoignages d'anciens détenus qui disent avoir été physiquement ou psychologiquement torturés pendant les interrogatoires de police, frappés à l'aide de matraques électriques, aspergés de gaz irritant ou privés de sommeil. Ni le ministère des Affaires étrangères, ni celui de la Sécurité publique, responsable des forces de police, n'ont souhaité faire de commentaire. Le rapport s'appuie sur des entretiens avec 48 individus récemment passés entre les mains de la police, des membres de leurs familles, des avocats, d'anciens responsables, et sur une étude des verdicts judiciaires en Chine. "Ils m'ont menotté puis ils ont accroché les menottes à la fenêtre", dit un ex-détenu. "J'étais suspendu comme un chien." Les témoignages émanent de délinquants ordinaires et non de prisonniers politiques. "Nous devons prendre en compte le fait que la torture des suspects de crimes politiques est souvent pire et que le rapport ne couvre ni le Tibet ni le Xinjiang", déclare une chercheuse de HRW, Maya Wang, par allusion aux deux régions de l'ouest de la Chine en proie à des tensions séparatistes. Selon HRW, les policiers contournent les mesures qui avaient été introduites par les autorités en 2009 pour réduire les abus, en interrogeant les suspects à l'extérieur des centres officiels de détention, ou en utilisant des méthodes qui ne laissent aucune blessure visible. Le système judiciaire chinois laisse à la police des pouvoirs excessifs, accuse encore le groupe basé à New York, en notant que les enquêteurs peuvent interroger un suspect pendant 37 jours sans que les procureurs aient à approuver l'arrestation et sans que l'avocat puisse voir son client. (Sui-Lee Wee; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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