La tension monte entre Ryad et Téhéran sur le pétrole

le , mis à jour à 18:11
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    * Ryad menace d'augmenter sa production, selon des sources 
    * Pas de menace, dit une autre source 
    * Les cours du brut baissent 
 
 (Actualisé avec nouvelle source, §§ 5-6) 
    par Rania El Gamal et Alex Lawler 
    DUBAI/LONDRES, 4 novembre (Reuters) - Les tensions entre 
l'Arabie saoudite et l'Iran ont ressurgi la semaine dernière 
lors d'une réunion technique de l'Opep, Ryad menaçant 
d'augmenter fortement sa production pour faire baisser les cours 
si Téhéran refusait de plafonner sa production, a-t-on appris de 
quatre sources au sein du cartel. 
    Cette réunion était destinée à préciser les détails d'un 
accord de principe conclu au sein de l'Organisation des pays 
exportateurs de pétrole (Opep) sur une baisse de la production 
du cartel en vue de la prochaine réunion ministérielle prévue le 
30 novembre. 
    "Les Saoudiens ont menacé de porter leur production à 11 
millions de barils par jour voire 12 millions de bpj pour faire 
à nouveau baisser les cours, et de se retirer de la réunion", a 
dit à Reuters une source ayant assisté à cette réunion. 
    Au siège de l'Opep, aucun commentaire n'a pu être obtenu sur 
la teneur des discussions lors des réunions à huis clos du 
cartel la semaine dernière. Les délégués saoudiens et iraniens 
de l'Opep ont également refusé le moindre commentaire officiel. 
    Une personalité du Golfe influente au sein de l'Opep, qui a 
requis l'anonymat, a affirmé pour sa part que l'Arabie saoudite 
n'avait menacé personne. 
    "L'Arabie saoudite n'a pas dit que la production allait 
augmenter, elle a dit que la production pourrait augmenter", a 
dit cette personne. "L'Arabie saoudite ne menace pas, elle ne 
produit pas davantage que les besoins des consommateurs".  
     
    UN ACCORD FRAGILE 
    Les tensions entre les deux poids lourds de l'Opep, qui 
s'affrontent également de manière indirecte dans les conflits en 
Syrie et au Yémen, se sont renforcées ces dernières années. 
    L'Arabie saoudite a augmenté sa production depuis 2014 pour 
atteindre des sommets de 10,5 millions à 10,7 millions de barils 
par jour, saturant un marché souffrant déjà d'une offre 
excédentaire et précipitant la chute des cours du pétrole, qui 
ont perdu plus de la moitié de leur valeur depuis leur pic de 
115 dollars le baril à la mi-2014. 
    Le haussement de ton de Ryad fait suite aux objections de 
l'Iran, qui a dit ne pas vouloir geler sa production, selon des 
sources au sein l'Opep.  
    L'Iran fait valoir qu'il devrait être exempté de telles 
limitations afin de rétablir sa production qui a souffert des 
sanctions occidentales contre son programme nucléaire. 
    Le durcissement de la position saoudienne ravive également 
les souvenirs d'un bras de fer engagé fin 2014 par les pays de 
l'Opep contre les autres producteurs afin de gagner des parts de 
marché. 
    Lors d'une réunion informelle à Alger fin septembre, l'Opep 
s'est accordée sur le principe d'une réduction de l'offre pour 
la ramener entre 32,5 et 33,0 millions de bpj. Si cet accord est 
mis en oeuvre, il s'agira alors de la première baisse de la 
production pétrolière du cartel depuis 2008.  
    Une nouvelle montée des tensions observée lors de la réunion 
d'experts la semaine dernière souligne cependant la fragilité 
des accords de l'Opep. Pour les investisseurs, le cartel a 
encore beaucoup de chemin à faire de l'accord préliminaire 
d'Alger un véritable accord. 
    Sur le marché pétrolier, le Brent de mer du Nord  LCOc1  
abandonne 1,17% à 45,83 dollars le baril et le brut léger 
américain  CLc1  cède 0,85% à 44,26 dollars vers 15h30 GMT. 
 
 (Bertrand Boucey et Claude Chendjou pour le service français, 
édité par Patrick Vignal) 
 

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  • ccondem1 il y a un mois

    Ils se font un Doha mutuel ? ;-)