La tension monte autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem

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par Jeffrey Heller et Suleiman Al-Khalidi JERUSALEM/AMMAN, 5 novembre (Reuters) - Un conducteur palestinien a percuté mercredi des passants à Jérusalem-Est au volant de sa camionnette et s'est extrait de son véhicule pour les attaquer à coups de barre de fer, faisant un mort et une dizaine de blessés, avant d'être tué par la police israélienne. Cette attaque faisait suite à de nouveaux heurts dans la matinée entre policiers israéliens et manifestants palestiniens sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est. Inquiète de la multiplication des incidents, la Jordanie a ordonné le rappel de son ambassadeur en Israël pour protester contre ce qu'elle qualifie de "violations" israéliennes des lieux saints de Jérusalem. Amman va également saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. L'esplanade des Mosquées - appelée le Mont du Temple par les Israéliens - abrite le dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa. Ce troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine, en Arabie saoudite, est administré par le Waqf, une fondation religieuse contrôlée par la Jordanie. Ancien site des deux Temples juifs, il est aussi le principal lieu saint du judaïsme. Les tensions se sont accrues ces derniers jours et les autorités israéliennes avaient ordonné la fermeture du site pour une journée jeudi dernier. La police israélienne a précisé que l'homme qui a lancé mercredi son véhicule sur des passants - la deuxième attaque de ce type en deux semaines - était un Palestinien de Jérusalem-Est, Ibrahim Akari. Le groupe islamiste palestinien Hamas a revendiqué cette "action héroïque en réponse à la poursuite des crimes sionistes". COLÈRE JORDANIENNE Sur sa page Facebook, Ibrahim Akari avait salué l'attentat commis mercredi dernier contre un militant israélien d'extrême droite, Yehuda Glick, blessé par balles lors d'un rassemblement du mouvement qui revendique le droit pour les fidèles juifs de prier au Mont du Temple. Le 22 octobre, un Palestinien avait lancé sa voiture sur un groupe de piétons à un arrêt de tram, tuant un bébé de trois mois et une femme avant d'être abattu par la police. A Amman, un porte-parole du gouvernement a expliqué le rappel de l'ambassadeur de Jordanie en Israël - une première depuis le traité de paix de 1994 - en raison de "l'escalade sans précédent" des opérations israéliennes sur l'esplanade des Mosquées et de l'accélération de la politique de colonisation dans la partie arabe de la ville sainte. Mohammad al Momani a précisé que les forces de sécurité israéliennes avaient mené dans la matinée un raid à la mosquée Al Aqsa et a dénoncé une "dangereuse escalade". Selon des témoins, les Israéliens ont lancé des grenades assourdissantes dans la mosquée lors des affrontements avec les manifestants. Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Judeh, était attendu à Paris pour rencontrer le secrétaire d'Etat américain John Kerry et parler avec lui de la situation à Jérusalem, a-t-on appris à Amman. (Avec Dan Williams et Ari Rabinovitch à Jérusalem, Noah Browning à Ramallah et Nidal al-Mughrabi à Gaza; Pierre Sérisier, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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