La taxe sur le pétrole coûterait à Total de 140 à 160 millions

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La taxe sur le pétrole coûterait à Total de 140 à 160 millions
La taxe sur le pétrole coûterait à Total de 140 à 160 millions

par Gilles Guillaume et Michel Rose

AIX-EN-PROVENCE (Bouches-du-Rhône) (Reuters) - Total a estimé samedi entre 140 et 160 millions d'euros l'impact pour le groupe de la future taxe sur le pétrole envisagée par le gouvernement.

"Je vous donne une fourchette, parce que ça va dépendre de l'assiette qu'on ne connaît pas encore, disons que c'est entre 140 et 160 millions d'euros", a déclaré le PDG de Total, Christophe de Margerie, en marge des Rencontres économiques d'Aix en Provence.

Le ministère du Budget a indiqué cette semaine que la taxe sur les produits pétroliers instaurée cette année en France serait a priori exceptionnelle et devrait rapporter en tout 550 millions d'euros.

En 2011, le bénéfice net de Total a atteint 12,3 milliards d'euros.

Interrogé sur une éventuelle répercussion sur les prix à la pompe en France, Christophe de Margerie a déclaré qu'il ne pouvait pas répondre à cette question.

"Ce qui nous embête quand même, c'est que le secteur du raffinage, qui va être touché par ces taxes si on touche les stocks de pétrole brut, est un secteur en fort déficit, en perte, et il est toujours embêtant de surtaxer un secteur qui déjà ne va pas bien", a-t-il ajouté.

Le PDG de Total s'est également déclaré confiant dans l'issue des négociations sur le projet gazier géant Shtokman dans lequel le groupe pétrolier français souhaite toujours rester à hauteur de 25%.

Le projet est également détenu à 51% par le géant gazier russe Gazprom et à 24% par le norvégien Statoil. Les trois partenaires ne parviennent pas à se mettre d'accord sur le montant des investissements ni sur le calendrier du projet, et Gazprom a annoncé en mai une modification de la composition du consortium.

"Les négociations sur Shtokman, en ce qui nous concerne, sont bien avancées", a indiqué Christophe de Margerie. "J'attends maintenant un retour de Gazprom pour nous dire où ils en sont eux-mêmes dans leurs propres réflexions."

Rappelant qu'Alexis Miller, directeur général du groupe russe, a indiqué récemment qu'il pourrait avoir besoin d'un peu plus de temps pour trancher le dossier, le PDG de Total a ajouté: "J'attends sereinement qu'ils prennent leur décision, nous notre souhait bien évidemment est de participer dans ce projet tout à fait important pour la Russie et bien évidemment aussi pour nous."

Shtokman, situé en mer de Barents, est l'un des gisements gaziers les plus importants au monde avec des réserves estimées à près de 4.000 milliards de mètres cubes environ - assez pour répondre à la demande mondiale de gaz sur une année environ.

Prié de dire si Total entendait rester présent à hauteur de 25% dans le projet, Christophe de Margerie a répondu: "Toujours, on n'a pas changé de chiffre, c'est le chiffre sur lequel nous discutons."

Les Rencontres d'Aix durent jusqu'à dimanche.

Gilles Guillaume et Michel Rose, édité par Bertrand Boucey

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