La taxe foncière explose dans les grandes villes

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Selon l'étude de l'Observatoire des taxes foncières, citée par le Parisien-Aujourd'hui en France, les avis d'imposition des Français propriétaires de leur logement ont subi une inflation de 11% à 65% en cinq ans.

La facture ne cesse de s'alourdir. La taxe foncière, qui touche les Français propriétaires de leur logement (57% de la population), connaît une inflation record depuis quelques années. Selon l'étude de l'Observatoire des taxes foncières de l'Union nationale de la propriété immobilière dévoilée ce mardi par Le Parisien-Aujourd'hui en France, les avis d'imposition, notamment dans les grandes villes, ont bondi entre 2004 et 2009. Marseille ou Saint-Denis en banlieue parisienne, ont ainsi respectivement connu des augmentations de 45 % et 32%. A Paris, la facture a explosé de plus de 65%. La capitale demeure néanmoins l'une des villes les moins chères: la taxe foncière n'y est que de 500 euros en moyenne en 2010 alors qu'elle atteint 978 euros à Amiens, 923 euros à Bordeaux, ou encore 911 euros au Havre.

Nouvelles charges et mauvaise gestion

Pour l'Etat, cette inflation est due aux collectivités locales qui font payer aux contribuables la mauvaise gestion de leur budget. Dans les villes, les départements et les régions, c'est l'Etat qui est mis en cause, son désengagement les obligeant à assumer de nouvelles charges (transports régionaux, aides aux personnes âgées...). François Baroin, ministre du Budget, vient d'ailleurs d'annoncer un gel des crédits pendant trois ans. D'après un spécialiste des finances publiques interrogé par le quotidien, «la vérité est sans doute entre les deux». Il explique que la crise a fait exploser les dépenses en même temps que les recettes fiscales chutaient. Il rappelle aussi que des erreurs de gestion ont bien été commises et que certaines communes ont eu recours à des emprunts «toxiques» .
Enfin, certaines collectivités auraient anticipé la disparition de la taxe professionnelle, source importante de revenus.

Des inégalités entre les villes

Tout juste 450 euros à Villeurbanne, ville où la taxe foncière est la moins élevée de France, 457 euros à Lille, 500 euros à Paris... mais 911 euros au Havre, et 973 euros à Amiens. Une récente étude de l'Observatoire des finances locales, rattaché au ministère de l'Economie et des Finances, montre que tous les propriétaires ne sont pas logés à la même enseigne. Ces disparités s'expliquent par l'absence de remise à jour des bases de valeurs locatives, qui fixent la valeur locative théorique d'un bien et servent à calculer le montant de la taxe foncière Elles sont restées figées depuis 1970 !
Ceci explique que dans une même ville le propriétaire d'un appartement vieillissant construit dans les années 70 paie davantage que celui d'un logement dans l'ancien mais rénové récemment.
Ces bases doivent être réactualisées pour quelque 44 millions de logements en France. Pour l'heure, le gouvernement a choisi de commencer par la remise à jour des bases locatives des locaux commerciaux. L'opération devrait être achevée en 2014. Il s'attaquera ensuite aux habitations.

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