La taxe carbone européenne sur l'aviation civile fait toujours débat

le
0
La mobilisation contre la taxe carbone européenne sur l'aviation civile ne faiblit pas.
La mobilisation contre la taxe carbone européenne sur l'aviation civile ne faiblit pas.

Rarement réforme européenne aura suscité un tel tollé, y compris au sein du Vieux Continent...


Concerné au premier chef par les mesures de rétorsions promises par la Chine, qui a menacé l'avionneur européen de bloquer le processus de commandes et a par ailleurs interdit formellement à « ses » compagnies aériennes de s'acquitter de la taxe carbone européenne sur l'aviation, Airbus a en effet appelé Bruxelles à lâcher du lest. L'ex-Premier ministre François Fillon y est peu après allé lui aussi de son appel à la négociation...


L'Empire du Milieu n'est cependant pas le seul à avoir tapé du poing sur la table : les autorités américaines et indiennes ont elles aussi sommé les compagnies nationales de passer outre la nouvelle législation, quand bien même celle-ci ? décidée unilatéralement, ce qui n'est évidemment pas anodin - a vocation à lutter contre le réchauffement climatique, lequel ne semble tout compte fait pas le plus important pour les États « rebelles ». Au delà des déclarations d'intention sur le développement durable, nos vies valent-elles moins que leurs profits ?


Ce serait peut-être aller vite en besogne, mais le fait est que, définitivement, l'extension du Système communautaire d'échange de quotas d'émissions (SCEQE) de CO2 au secteur aérien, en vigueur depuis le 1er janvier, est une pilule trop dure à avaler pour certains. Convaincue du bien-fondé de cette mesure, la Commissaire européenne à l'Action pour le climat Connie Hedegaard, elle, a jusqu'ici tenu bon.


Sa ténacité face à une telle adversité mérite d'être soulignée. Reste à savoir si, vu le rétrécissement permanent de la marge de manoeuvre de Bruxelles, cette ligne de conduite pourra être maintenue.




Des approches différentes de la lutte contre le réchauffement climatique


Chauffés à blanc, seize pays ont en tout cas réitéré la semaine dernière, à l'occasion d'une réunion à Washington (États-Unis), leur opposition aux desiderata du Vieux Continent. Une désapprobation officiellement justifiée par leur crainte de voir les bénéfices dégagés par l'Union Européenne (UE) affectés au remboursement des dettes souveraines et non à la constitution d'un fonds environnemental, ce qui paraît un procès d'intention au regard de l'énergie déployée par le Vieux Continent pour réduire ses rejets de gaz à effet de serre et tenter d'éviter que les derniers sommets internationaux sur le climat ne se soldent par autant d'échecs, ce qu'ils furent néanmoins.


Des représentants d'Afrique du Sud, d'Arabie Saoudite, d'Australie, du Brésil, de Colombie, du Canada, du Chili, de Chine, de Corée du Sud d'Inde, des Émirats Arabes Unis, du Japon, du Nigeria, de Russie et de Singapour se sont rassemblés dans la capitale américaine pour tenter une nouvelle fois d'affûter leurs armes. Sachant que deux réunions s'étaient déjà tenues à Moscou (Russie) et à New Delhi (Inde) au cours des mois écoulés et que les compagnies aériennes ne recevront leur facture que l'an prochain, une fois que leurs émissions de CO2 pour 2012 auront été évaluées.


À défaut d'avoir fait plié les contestataires, pour certains très puissants, l'intransigeance de Bruxelles a tout de même permis d'obtenir quelques résultats encourageants. D'après un haut responsable américain cité par nos confrères de l'AFP, l'Oncle Sam ne serait en effet pas réfractaire au principe d'un système d'échange des droits de polluer comme celui mis en place par Bruxelles, mais qu'un tel système ne devait pas être imposé aux transporteurs hors des frontières de l'Union.


Avec ses partenaires « frondeurs », il espère en outre collaborer avec l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) pour concevoir un projet parallèle applicable au monde entier. Pas une mince affaire...


Lire la suite
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant