La tanière des Lions enterrée

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La tanière des Lions enterrée
La tanière des Lions enterrée

Il y a 24 ans jour pour jour, décision était prise pour Millwall de quitter son stade maléfique qui a fait sa sulfureuse réputation : The Den, l'antre des hooligans les plus cinglés du Royaume, un repère mal famé qui incarne aujourd'hui le lointain souvenir de ce que fut le football anglais d'avant la création de la Premier League.

L'Angleterre est incontestablement aujourd'hui ce qui se fait de plus moderne en matière de football. De plus pro, de plus rentable, de plus classe, de plus exportée partout dans le monde. Les gazons sont toujours splendides, les stades sont tous ou presque de grande qualité, les tribunes garnies de gens enthousiastes, polis et bien mis, les joueurs sont tirés à quatre épingles, comme sortant de chez le coiffeur et du mall plutôt que des vestiaires. Tout est nickel, tellement nickel qu'on en oublierait presque qu'il s'agit de sport et qu'il est question de puer un minimum la sueur à la fin du match. Propre jusqu'à l'aseptisation diront ses détracteurs. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. L'Angleterre a longtemps incarné une autre modernité en matière de football, celle d'un sport de prolos, où les terrains du Royaume étaient ravagés encore plus qu'ailleurs par le climat humide du coin. Où les grands stades plus vieux que la guerre des tranchées étaient cabossés et de couleur rouille et béton. Où, dans les tribunes, se serrait debout un public passionné, mais n'hésitant pas parfois à sortir quelques insanités avec un accent incompréhensible et à donner du coup de poing s'il le fallait quand l'honneur de son club était en jeu. Où les joueurs avaient des trognes improbables, barbes de clochard, cheveux filasses et yeux pochés, comme sortant d'un pub à 3h du matin ou d'un fish and chips graisseux plutôt que des vestiaires. Tout était crade, tellement crade que ça n'avait pas forcément à voir avec la conception du football comme une activité sportive et donc saine. Non, il s'agissait d'abord et surtout de dégouliner de sueur, de s'envoyer sa dose hebdomadaire d'adrénaline et de défendre l'honneur de sa ville ou de son quartier. Et ce football-là, affreux, sale et méchant, qui a connu son apogée dans les années Thatcher, c'est peut-être dans une enceinte nommé The Den qu'il s'est le mieux exprimé dans toute sa splendeur et sa violence.

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De 88 à 90, deux saisons en élite


The Den, c'était l'antre de Millwall FC, un club londonien aujourd'hui oublié de beaucoup, y compris d'une partie de ses anciens fans désabusés par les résultats décevants de…



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