La tâche du Premier ministre slovaque sortant s'annonce ardue

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    BRATISLAVA, 7 mars (Reuters) - Le président slovaque, Andrej 
Kiska, a annoncé lundi qu'il allait charger le Premier ministre 
sortant, Robert Fico, de former le nouveau gouvernement dans la 
foulée des élections législatives de samedi, mais la tâche 
s'annonce difficile faute de majorité nette au Parlement. 
    Le Smer-SD, la formation sociale-démocrate de Fico, affiliée 
au Parti socialiste européen, est arrivé en tête avec 49 sièges 
au Parlement slovaque qui en compte 150, loin de la majorité 
absolue qu'il détenait dans le Parlement sortant. 
    "J'ai décidé que dès demain, j'inviterai le président du 
parti Smer, qui est arrivé en tête des élections, à former un 
gouvernement et à trouver une coalition majoritaire pour le 
soutenir", a déclaré le chef de l'Etat à la presse. 
    "La situation issue du scrutin est compliquée, il y a 
plusieurs lignes de fracture entre les partis élus", a-t-il 
constaté. 
    "Certaines ne peuvent pas être surmontées et il ne faudra 
pas essayer de le faire. D'autres seront très difficiles à 
surmonter mais il sera inévitable de le faire. Les représentants 
des partis devront s'en accommoder." 
    Le parti libertarien SaS, dont le rejet du plan de sauvetage 
de la Grèce en 2012 avait fait tomber le précédent gouvernement 
de centre droit, arrive en deuxième position avec 21 sièges. 
    Six autres formations franchissent le seuil des 5% qui 
permet de siéger au Conseil national, le Parlement monocaméral, 
dont le parti d'extrême droite LS Notre Slovaquie (LSNS). 
    Emmené par Marian Kotleba, gouverneur de la région de Banska 
Bystrica, le parti a obtenu 8% des voix, soit trois fois plus 
que ce qu'annonçaient les sondages, soit 14 sièges de député. 
    Pour former une coalition, Robert Fico va sans doute tenter 
de s'appuyer sur les centristes de Siet (10 sièges), sur le 
parti Most-Hid (11 sièges), très proche de la minorité 
hongroise, et avec les nationalistes modérés de SNS (15 sièges). 
    Il risque toutefois de peiner pour unir toutes ces 
formations politique. Siet a prévenu qu'il ne souhaitait pas 
s'allier à Fico et Most-Hid refuse de siéger dans un 
gouvernement qui accueillerait également le SNS. 
    Les trois autres grands partis de droite ont eux aussi 
rejeté l'hypothèse d'une alliance avec Roberto Fico. 
    En cas d'échec de Robert Fico, Richard Sulik, chef de file 
du SaS, pourrait se voir confier la tâche de former un 
gouvernement, mais il risque de rencontrer les mêmes obstacles 
que le Premier ministre sortant. 
 
 (Tatiana Jancarikova; Eric Faye et Nicolas Delame pour le 
service français) 
 
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