La table ronde sur l'usine PSA d'Aulnay après la présidentielle

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PARIS (Reuters) - La première table ronde tripartite sur l'avenir de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois n'a débouché vendredi sur aucune avancée concrète et le préfet de Seine-Saint-Denis a fixé le prochain rendez-vous à la fin juin, soit après l'élection présidentielle.

L'entrevue entre l'Etat, représenté par le préfet, la direction du constructeur automobile et les syndicats et élus locaux, réclamée depuis neuf mois par ces derniers, a été houleuse, a indiqué Jean-Pierre Mercier, représentant de la CGT, et cinq organisations syndicales sur les sept présentes ont quitté la salle avant la fin.

"Les syndicats ont demandé que PSA s'engage par écrit (...) à maintenir tous les emplois au moins jusqu'à la fin 2016, fin officielle de fabrication de la C3, et à attribuer un nouveau véhicule en remplacement de la C3. Mais la direction ne veut s'engager sur rien du tout", a-t-il dit.

"La prochaine date tombe après la présidentielle et les législatives, c'est exactement le discours de Peugeot: il ne faut pas que l'emploi soit au coeur des campagnes électorales", a-t-il ajouté.

Pour tenter de s'affranchir de ce calendrier, la CGT a appelé à un rassemblement jeudi prochain devant le QG de campagne de Nicolas Sarkozy, à Paris.

Le ministère de l'Industrie s'est déclaré de son côté "pleinement vigilant et mobilisé pour l'avenir du site automobile d'Aulnay-sous-Bois" et a souligné, dans un communiqué, que le groupe a confirmé qu'il "n'examine pas de projet de fermeture de site en France".

Mais lors de la table ronde, PSA Peugeot Citroën a refusé une nouvelle fois d'évoquer l'après C3 en répétant, comme il le fait depuis plusieurs mois, qu'Aulnay produira toujours des voitures jusqu'en 2014, sans précision au-delà.

Le constructeur a également évoqué, selon le communiqué du ministère, la venue sur les surfaces d'Aulnay-sous-Bois aujourd'hui inutilisées, "de nouvelles activités économiques complémentaires".

PSA a refusé de faire un commentaire sur la table-ronde, mais un porte-parole a précisé que sur les 40.000 mètres carrés désormais inutilisés sur le site, 23.000 étaient déjà en location et 17.000 disponibles pour être loués à des activités industrielles et immobilières.

L'usine d'Aulnay-sous-Bois, qui produit la petite berline de Citroën, emploie 3.500 personnes et semble le plus menacé des sites européens de PSA alors que le groupe s'est donné deux ans pour régler la question de ses surcapacités chroniques en Europe.

Le sort de l'usine de Madrid suscite lui aussi des interrogations puisqu'aucun modèle n'a été annoncé pour prendre à terme la relève des dernières Peugeot 207 qui y sont assemblées.

Gilles Guillaume et Laurence Frost, édité par Marc Angrand

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