La Syrie se dit prête à participer aux pourparlers de paix

le , mis à jour à 10:06
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    * Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moualem, à Pékin 
    * Il dit espérer un gouvernement d'union nationale 
    * Damas veut créer un comité constitutionnel-Moualem 
    * C'est à la Syrie de décider de qui la dirige, dit la Chine 
 
 (Actualisé avec commentaires du ministre chinois) 
    par Ben Blanchard 
    PEKIN, 24 décembre (Reuters) - Le gouvernement syrien est 
prêt à participer à des pourparlers de paix à Genève et espère 
que ce dialogue contribuera à doter la Syrie d'un gouvernement 
d'unité nationale, a déclaré jeudi le ministre syrien des 
Affaires étrangères, Walid Moualem. 
    Le chef de la diplomatie syrienne s'exprimait devant la 
presse lors d'une visite en Chine. 
    Mercredi, Bouthaïna Chaabane, une proche conseillère du 
président syrien Bachar al Assad, a déclaré que le gouvernement 
syrien était disposé à participer aux négociations de paix que 
les Nations unies entendent organiser à partir du mois de 
janvier.   
    Vendredi dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a 
approuvé à l'unanimité une résolution avalisant un plan devant 
mener à la paix en Syrie, rare moment d'unité entre grandes 
puissances dans une guerre qui a fait plus de 250.000 morts.  
    Ce plan prévoit notamment la tenue de négociations de paix à 
Genève fin janvier.   
    Walid Moualem, qui s'exprimait en anglais, a dit avoir 
indiqué à son homologue chinois Wang Yi que la Syrie était 
"prête à participer au dialogue syro-syrien à Genève sans 
ingérence étrangère." 
     
    TRÈS DIVISÉES 
    "Notre délégation sera prête dès que nous recevrons la liste 
de la délégation de l'opposition", a ajouté le chef de la 
diplomatie syrienne. 
    "Nous espérons que ce dialogue nous aidera à réussir à avoir 
un gouvernement d'union nationale", a déclaré Walid Moualem, en 
présence de Wang Yi au ministère chinois des Affaires 
étrangères. 
    Une fois établi, ce gouvernement mettra en place un comité 
constitutionnel pour établir une nouvelle constitution et une 
nouvelle loi électorale pour permettre la tenue d'élections dans 
un délai de "plus ou moins" 18 mois, a précisé le ministre. 
    La résolution adoptée vendredi à l'Onu donne le feu vert au 
plan qui a été négocié à Vienne et qui appelle à un 
cessez-le-feu et à des discussions entre le gouvernement syrien 
et l'opposition. Il est prévu un délai de deux ans pour la 
création d'un gouvernement d'unité nationale et la tenue 
d'élections. 
    Une première difficulté s'annonce : il va falloir mettre fin 
à la guerre. Or, aucune des parties au conflit se semble à même 
de pouvoir remporter une victoire indiscutable. 
    Il faudra aussi décider de qui va représenter l'opposition. 
Or, malgré leur accord aux Nations unies, les grandes puissances 
sont très divisées sur la question. Il est de même sur le sort à 
réserver à Bachar al Assad. 
    Le week-end dernier, le ministre chinois des Affaires 
étrangères a invité le gouvernement syrien et des personnalités 
de l'opposition à se rendre en Chine pour étudier ce qui 
pourrait être fait pour activer le processus de paix. 
    "La position de la Chine est très claire, a déclaré Wang Yi. 
Nous estimons que l'avenir de la Syrie et son système national, 
y compris qui la dirige, doivent être décidés et établis par le 
peuple syrien." 
    "Le rôle de la Chine dans le dossier syrien est de 
promouvoir la paix et les négociations (...). La Chine espère un 
Proche-Orient pacifique, stable et en développement", a-t-il 
ajouté. 
    Si Pékin a par le passé déjà invité des représentants du 
régime de Damas et de l'opposition, le rôle de la Chine dans le 
dossier syrien est pour l'instant resté marginal. 
    "La Chine estime que tous les efforts de lutte contre le 
terrorisme, quels qu'ils soient, doivent être respectés et 
soutenus", a déclaré Wang Yi. 
    Pékin n'exclut pas que des musulmans ouïghours n'aient 
quitté le Xinjiang, leur région autonome du sud-ouest de la 
Chine, pour aller combattre aux côtés des djihadistes en Syrie 
et en Irak. 
 
 (Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
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