La Syrie divise le G20, Obama reste ferme

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BARACK OBAMA RESTE FERME AU SEIN D?UN G20 PARTAGÉ SUR LE DOSSIER SYRIEN
BARACK OBAMA RESTE FERME AU SEIN D?UN G20 PARTAGÉ SUR LE DOSSIER SYRIEN

par Steve Gutterman et Matt Spetalnick

SAINT-PETERSBOURG, Russie (Reuters) - Barack Obama a opposé une fin de non-recevoir à ses homologues du G20 qui cherchent à le dissuader de mener une opération militaire contre Damas, lors d'un sommet de Saint-Pétersbourg marqué par de profondes divergences sur le dossier syrien.

Seul allié de poids du président américain dans sa détermination à agir militairement contre le régime de Bachar al Assad, François Hollande a pour sa part annoncé vendredi que la France attendrait le rapport des experts de l'Onu, censé être prêt aux alentours de mi-septembre, avant toute initiative.

Le président des Etats-Unis et son homologue russe Vladimir Poutine ont campé sur des positions diamétralement opposées lors d'un dîner consacré au conflit, qui s'est prolongé tard dans la nuit de jeudi à vendredi et n'ont pas réussi à rapprocher leurs points de vue lors d'un entretien vendredi en tête à tête.

Washington tient les autorités syriennes pour responsables du bombardement à l'arme chimique qui aurait fait plus de 1.400 morts le 21 août dans la banlieue de Damas et envisage des frappes punitives, tandis que Moscou conteste la responsabilité de Damas.

"Tout le monde est d'accord pour dire qu'on ne peut rester les bras ballants. Mes collègues en Asie, en Europe et en Afrique pensent qu'il faut réagir à l'usage de l'arme chimique contre la population syrienne", a déclaré Barack Obama lors de la conférence de clôture, annonçant qu'il s'adresserait aux Américains mardi.

"Il y a eu unanimité pour dire qu'il y avait eu utilisation d'armes chimiques en Syrie (...) unanimité pour dire qu'il faut continuer de faire respecter le droit international qui interdit leur utilisation. La majorité des participants dans la salle étaient d'accord grosso modo pour dire qu'Assad était responsable de l'utilisation des armes chimiques", a-t-il poursuivi.

TENSION PALPABLE

Faute de l'aval du Conseil de sécurité de l'Onu, où la Russie reste inflexible, Barack Obama a pour priorité de convaincre le Congrès américain à Washington, où le Sénat pourrait voter mercredi.

Le président américain est toutefois confronté aux réticences de nombreux parlementaires au sujet d'une intervention en Syrie et il a refusé de dire s'il pourrait se passer de leur feu vert.

Selon les délégués présents, la tension était palpable pendant le dîner de jeudi entre le président des Etats-Unis et Vladimir Poutine, mais leurs rapports sont restés cordiaux.

Les deux hommes se sont entretenus vendredi pendant vingt minutes en tête-à-tête en campant sur leurs positions.

"Tout ce que l'on voit en matière de déploiement d'armes chimiques vient du coté des rebelles. Ce sont les rebelles qui sont responsables. C'est de la provocation", a déclaré Vladimir Poutine lors de la conférence de presse de clôture.

"N'oubliez pas que l'utilisation de la force contre un Etat souverain, si c'est de l'autodéfense d'accord, mais la Syrie n'attaque pas les Etats-Unis. Ceci ne peut intervenir qu'avec l'approbation des Nations unies. Ceux qui foulent au pied cette règle ne respectent pas le droit international", a-t-il ajouté.

Evoquant son entretien avec Obama, il a parlé d'une "atmosphère très amicale". "Nous avons campé sur nos positions, certes, mais nous avons entamé un dialogue", a souligné Poutine.

Il a ajouté que la Russie, qui a dépêché un navire de débarquement en Méditerranée orientale, en resterait à son soutien actuel au régime de Damas en cas de frappe. "Aiderons-nous la Syrie? Nous l'aiderons. Nous l'aidons déjà aujourd'hui. Nous fournissons des armes. Nous coopérons dans la sphère économique et j'espère que nous coopérerons davantage dans la sphère humanitaire", a-t-il dit.

HOLLANDE SOUHAITE UNE LARGE COALITION

Le président américain s'est également entretenu avec son homologue chinois Xi Jinping qui s'oppose lui aussi à toute intervention militaire en Syrie.

"La solution politique est la seule bonne manière de mettre fin à la crise syrienne et une frappe militaire ne peut résoudre les problèmes à la racine", a dit le président chinois, cité par l'agence Chine nouvelle. "Nous espérons que certains pays y réfléchiront à deux fois avant d'agir."

Le ferme soutien de Paris, dont il s'est félicité, ainsi que la présence de délégations turque ou saoudienne n'ont pas masqué l'isolement de Barack Obama à Saint-Pétersbourg.

François Hollande a souhaité que le Conseil de sécurité de l'Onu puisse être le cadre d'une décision sur une intervention en Syrie, mais qu'à défaut, une large coalition soit formée.

La France peine toutefois à convaincre ses partenaires de l'Union européenne, comme a pu le constater Laurent Fabius lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Vilnius, en Lituanie.

Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey pour le service français

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  • newwin le vendredi 6 sept 2013 à 23:38

    Hollande occupes toi de la France charlotte!