La Syrie dit avoir entamé le retrait de certaines unités

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DAMAS DIT AVOIR RETIRÉ SES TROUPES DE TROIS VILLES
DAMAS DIT AVOIR RETIRÉ SES TROUPES DE TROIS VILLES

par Stephanie Nebehay

GENEVE (Reuters) - A cinq jours de la date butoir fixée par Kofi Annan, Damas affirme avoir entamé le retrait de ses troupes de trois villes, Idlib, Deraa et Zabadani, a déclaré jeudi le porte-parole de l'émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie.

Cette annonce des autorités syriennes semble contredite par l'intensification des combats sur le terrain, notamment dans une localité située à une douzaine de kilomètres de la capitale.

Ahmad Fawzi a déclaré en outre que les Etats membres des Nations unies avaient été sollicités pour fournir des soldats dans le cadre d'une mission de maintien d'un cessez-le-feu qui serait déployée après le 10 avril en Syrie.

Une mission exploratoire d'une dizaine de membres, dépêchée par Kofi Annan et dirigée par le général norvégien Robert Mood, est arrivée jeudi à Damas pour discuter du déploiement de cette mission, qui devra s'accomplir dans le cadre d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu.

Des informations parues dans la presse évoquant le chiffre de 200 à 250 observateurs non armés "ne sont pas très éloignées" de la vérité, a indiqué Ahmad Fawzi.

"Oui, ils (les responsables syriens) nous ont dit qu'ils avaient commencé un retrait de troupes de certaines zones", a ajouté Ahmad Fawzi lors d'une conférence de presse à Genève. "Ils ont indiqué trois villes, Deraa, Idlib et Zabadani."

Les services de Kofi Annan, basés à Genève, s'efforcent de vérifier ces informations. La Russie a elle aussi déclaré que le retrait syrien avait débuté.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, est resté sceptique.

"Est-ce qu'on peut être optimiste ou pas ? Moi, je ne le suis pas parce que je pense que Bachar al Assad nous trompe, il feint d'accepter le plan de Kofi Annan en six points et en même temps il continue à utiliser la force", a-t-il dit à des journalistes.

"SIGNAUX POSITIFS"

Le plan de paix en six points présenté par l'ancien secrétaire général de l'Onu fixe au 10 avril la date butoir pour un retrait des troupes et un arrêt de l'utilisation des armes lourdes, suivi dans les 48 heures par une cessation des combats entre les deux camps.

"Nous nous attendons à ce que le gouvernement syrien ait achevé (...) le retrait des unités militaires des centres de population (...) et que nous entamions la période de 48 heures qui permettra la cessation de toutes les formes de violences entre les parties (...)", a encore expliqué le porte-parole.

"Nous recevons des signaux positifs de la part de l'opposition", a-t-il ajouté.

"La cessation des violences par toutes les parties n'est pas une fin en soi, elle signalera le commencement d'un processus politique", a déclaré Ahmad Fawzi.

"M. Annan a déjà commencé non seulement à réfléchir, mais à travailler à une formule acceptable pour toutes les parties que je ne peux pas vous détailler pour le moment", a-t-il dit.

Kofi Annan doit avoir des entretiens le 11 avril à Téhéran avec de hauts dirigeants iraniens sur la question de la Syrie.

Il doit également informer l'Assemblée générale de l'Onu des derniers développements de la situation en Syrie.

Ahmad Fawzi a de nouveau souligné que la Chine et la Russie avaient "fortement soutenu" le plan Annan.

Aux Nations unies, le Conseil de sécurité s'est entendu sur une déclaration appelant Damas à respecter la date du 10 avril.

Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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  • baljo le jeudi 5 avr 2012 à 17:10

    Au lendemain du happening organisé à Istambul au profit du CNS par Erdogan et ses amis occidentaux, le principal parti d’opposition turc, le Parti républicain du Peuple ( CHP) de tendance sociale-démocrate, a réaffirmé son opposition à la politique anti-syrienne agressive du gouvernement d’Ankara : « Le Parti républicain du Peuple est aux côtés de la majorité du peuple turc qui s’oppose à l’intervention militaire en Syrie depuis la Turquie. Le peuple turc ne veut pas de guerre.

  • ahariga1 le jeudi 5 avr 2012 à 13:20

    Existe-t-il encore des constructions dans ces villes et des personnes vivantes ?