La sûreté nucléaire est en progrès

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Si l'AIEA a fait état de progrès en termes de renforcement de la sûreté nucléaire, les associations de protection de l'environnement préconisent de leur côté une refonte complète du secteur.
Si l'AIEA a fait état de progrès en termes de renforcement de la sûreté nucléaire, les associations de protection de l'environnement préconisent de leur côté une refonte complète du secteur.

C'est en tout cas l'avis de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).



Un avis qui n'est cependant pas l'Évangile. D'abord parce que l'AIEA a vocation à promouvoir l'énergie nucléaire partout dans le monde, ensuite parce qu'un rapport récemment remis au gouvernement japonais a fait état de sérieuses lacunes en matière de protection des unités du pays du soleil levant. Celles-ci ne seraient toujours pas suffisamment « armées » pour réchapper à un tsunami d'une violence comparable à celui qui a dévasté la centrale de Fukushima en mars 2011.


L'accident n'en a pas moins amené certaines puissances nucléaires à réviser en profondeur leurs orientations énergétiques. D'une façon générale, il a aussi donné lieu à des inspections supplémentaires des centrales. L'Union Européenne (UE) s'est également penchée sur le sujet de la sûreté, proposant des stress tests sur la base du volontariat, mais qui, trois fois hélas, n'intègrent pas la menace terroriste. Une façon comme une autre de ménager la chèvre et le chou...


De son côté, l'AIEA a élaboré un plan d'action qui, un peu moins d'un an après son adoption, aurait d'ores et déjà donné lieu à des « progrès significatifs dans plusieurs domaines essentiels », a-t-elle résumé dans un rapport d'évaluation rédigé par son directeur général Yukiya Amano, rapporté par nos confrères du site Internet Actu-environnement et qui sera dévoilé à l'ensemble des États membres à l'occasion de la convention générale, laquelle se tiendra du 17 au 21 septembre prochain. « Des activités importantes dans tous les secteurs du plan d'action sont et seront réalisées dans l'avenir », a également assuré l'AIEA, pour qui « la mise en oeuvre complète et effective requière des efforts conjoints et un engagement total de la part du secrétariat [de l'Agence], des États membres et des autres parties prenantes ».



Les ONG de protection de l'environnement plaident pour une refonte complète


Revisités à la suite de la catastrophe de Fukushima, les standards de sûreté de l'Agence demeureraient en outre « toujours largement appliqués par les régulateurs, les opérateurs et l'industrie nucléaire en général ». Alors que des voix s'étaient élevées contre elle à cause de son manque de réactivité en termes de publication de données à la suite de l'accident précité, l'AIEA a néanmoins concédé des manquements sur les plans de la transparence et de l'information à l'endroit des populations : « Des efforts continus doivent être réalisés pour assurer une communication plus efficace du public et des parties prenantes lors des situations d'urgence radiologique ou nucléaire ». Reste à savoir comment elle compte s'y prendre pour progresser dans ces domaines, dans un contexte de méfiance latente (et grandissante dans certains pays, le Japon en particulier) de l'opinion publique internationale envers l'atome.


Par essence partisanes d'un renoncement à l'énergie nucléaire en raison de risques écologiques et sanitaires jugés trop élevés, les associations de protection de l'environnement, elles, assimilent les ajustements de l'AIEA à des « mesurettes ». Ainsi Greenpeace, interrogée par Reuters et qui déplore que « le plan d'action de l'AIEA ne tienne compte d'aucune des vraies leçons de Fukushima ». Et l'association de prôner une réforme radicale de la régulation de l'industrie nucléaire, secteur par trop opaque et soutenu par des intérêts trop puissants à ses yeux.


Basé lui aussi sur le volontariat, le plan de l'AIEA revient-il à poser du plâtre sur une jambe de bois ? Il est quoi qu'il en soit perfectible ne serait-ce que parce qu'aucune contrainte n'est imposée aux pays membres. En la circonstance, les États-Unis, première puissance atomique de la planète qui a décidé de relancer son programme nucléaire, en standby depuis plus de trois décennies, la Chine et l'Inde, émergentes en la matière, n'ont rien voulu savoir.


La souveraineté nationale a probablement de beaux jours devant elle. Le nucléaire civil aussi.


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